Parce qu’il est né à Orléans, qu’il a fait ses études à Paris et qu’il vit à Montréal, on a envie de dire de Jérôme Minière, le cinéaste et chanteur, qu’il est un citoyen du monde. Or, c’est en tant que Québécois qu’on lui a remis récemment le prix Rapsat-Lelièvre, remis en alternance à un artiste belge et à un artiste de chez nous. Un prix bien mérité pour celui qui se démarque de tout ce qui se fait ici, de pire comme de meilleur, le pire étant plus courant que le meilleur, les artistes d’exception ne faisant guère légion à l’heure où la télévision fabrique sur mesure des vedettes interchangeables. Heureusement que nous avons des Dumas, Marco Calliari, Nicola Ciccone et une pléiade de musiciens classiques pour nous faire oublier la morosité ambiante. Et Minière, que je découvre avec retard, même si j’ai souvent croisé son nom sans m’attarder, avec cet album, Le vrai le faux, aux rythmes on ne peut plus actuels et aux paroles bien senties et loin de la mièvrerie. Comme vous le prouvera Dans ton oreille.

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