L’univers de l’artiste belge Jan de Maesschalck est rempli de personnages qui lisent, si bien qu’il a été difficile de mettre de l’avant une scène plutôt qu’une autre à votre intention. C’est donc parce que cette lectrice se démarque de toutes celles auxquelles vous avez eu droit depuis le début de cette aventure qu’est En vos mots, que j’ai choisi de vous l’offrir afin que vous lui prêtiez vos mots et votre imagination. Le temps d’un texte.
Cette lectrice, qui attend peut-être un appel ou quelqu’un, ou encore qui ne se décide pas à appeler, est à vous, à vos mots, pour une semaine. À vous de jouer!

7 réponses
Je vous dirais de nuits. Je vous dirais des mots. Etoiles perdus qui jouent avant l’aube avec le corps changeant de la mer. Une mer fatigué de caresser chaque jour ce sable fin où mes pas s’égarent.
Je vous dirais des aurores couleur sang. Une enfance perdue à ne rien attendre. Main tendue au silence. Cueillant les sourires solitaires des jours qui viendront à naitre. Loin du regard de ceux qui aiment.
Des certitudes je n’ai point. Je n’ai plus. Les certitudes sont provisoires et encombrantes pour l’esprit. Mais je connais des gens qui ont plein de certitudes. Ils savent toujours tout. Ils me disent que la terre est ronde. Qu’elle a deux extrémités. Et que cela s’appelle les pôles. Mais, lorsque je leur demande de m’indiquer le point où commence la terre et où elle se termine, ils me regardaient étonnés.
Moi je pense qu’ils ne le savent pas. C’est tout. Les gens parlent toujours de choses qu’ils ne savent pas. Pour moi, c’est comme si elles ne disaient rien. Ceux qui savent. Ils se taisent. Ils rêvent. Ils attendent.
Et c’est bien ainsi. Puisqu’on ne fait jamais vraiment rien d’autre qu’attendre. Moi je sais ce que c’est attendre. L’enfance m’a appris à attendre. Elle ne m’a jamais appris quoi attendre. Mais juste à attendre.
Alors j’attends. Et pour épuiser le temps qui passe, je vous dirais des jours, je vous dirais de mes rêves.
C’est vendredi et tout à son bonheur, Stéphanie vient de terminer sa semaine de travail. Deux jours de tranquillité sans entendre ses collègues se plaindre pour un oui pour un non.
Stéphanie décide de faire quelques pas avant de prendre le bus qui la ramènera presque devant chez elle. Il est dix-sept heures et le soleil brille. Elle passe devant un marchand de glaces et choisit ses parfums préférés, fraise-chocolat.
Elle marche d’un pas tranquille tout en dégustant sa glace et regarde tout autour d’elle les gens stressés, pressés. Mais pourquoi courent-ils tous ? Il fait beau, c’est une de ces belles fins de journée d’été.
Après avoir bien flâné, Stéphanie prend son bus pour rentrer car ce soir, une belle fête est prévue, c’est l’anniversaire de son grand-père et elle ne voudrait manquer pour rien au monde. Il lui a tant appris et lui a donné tant de tendresse. Elle se souvient, que petite, il lui racontait des histoires merveilleuses et elle buvait ses mots. C’est toujours vers lui qu’elle va se confier et il est toujours de bons conseils. Oh! Quel grand-père attentionné!
A la sortie du bus, un violent orage éclate et Stéphanie eu, pour tout refuge, la cabine téléphonique. Elle s’engouffre dedans avec l’espoir que l’orage passe vite. Ce soir, il y a l’anniversaire de mon grand-père.
Pour passer le temps, elle sort un livre de son sac et reprend le texte là où elle a mis un marque-page:
Extrait de la chevauchée de l’année sainte écrit par Georges Loubier.
« Avignon, le 28 juin 1975
Lorsqu’au petit matin l’on arrive du Gard et que l’on va à Avignon en passant par le pont du Royaume, on découvre l’un des plus beaux panoramas du monde.
Les remparts du 12 et 13ème siècle sont encore d’actualité. Au-delà les toits de tous ces quartiers qui jadis abritaient les grands dignitaires de la Cour Pontificale. En toile de fond le Palais des Papes, le Rocher des Doms et sa chapelle. En deçà des remparts, les larges berges du Rhône. Et ce pont légendaire dont les restes font songer à un tremplin dirigé vers l’ouest. Pas un de ces immeubles modernes que l’on rencontre un peu partout en France ridiculement construits par des architectes dont le talent est dénué de tout sens artistique, ne vient contrarier l’harmonie réalisé par les maîtres du passé. C’est une chance que les Avignonnais ignorent. »
L’ATTENTE
Au coucher du soleil
La ville s’est endormie.
Des lignes rouge vermeille
S’inscrivent dans la nuit.
Dans la cabine close
Debout la fille lit
En espérant qu’il ose
Donner signe de vie.
L’ombre rayonne et fuit
Sur la chaussée de pierres.
Le buisson obscurci
Met l’attente en lumière.
Flairjoy
Lou, je suis dans une cabine téléphonique et il pleut. J’ai besoin de tes lumières pour arriver jusque chez toi.
Attends, je vais mettre le haut parleur de mon portable et si tu peux parler un peu plus fort, ce sera nettement mieux. Donc j’ai le plan.
Où je suis ? En fait je suis dans un petit square, et en face il y a une grande place lumineuse mais déserte. Bien, c’est la place de la Libération. Je la vois sur le plan.
D’accord, donc si je te comprends bien, je pars à droite, je contourne le rond point aux jets d’eau, je fais de même autour du deuxième rond point aux jets d’eau, je prends la direction d’Albi. Attends, attends, je note, voilà j’ai flèché. Puis ligne droite, d’accord, d’accord, à droite La Poste. Je continue. Je longe la Gendarmerie. Puis je laisse à ma gauche un nouveau rond point, et je prends toujours la direction d’Albi. Un peu plus loin, un nouveau rond point à ma gauche. Oui, je le vois sur le plan. Je tourne à gauche. Je passe à côté de la piscine. Arrivée au grand rond point, je le contourne et c’est à deux pas. Au 66. C’est noté.
Mais dis-moi, il y a combien de ronds points à Gaillac ? D’accord on en reparle toute à l’heure. A tout de suite, j’arrive…
BARBIE À LA CABINE
Je suis amoureux
D’un’ nana si belle,
Son carnet d’adresses
Pèse bien plus qu’elle.
Elle a bien son choix,
Dans son grand volume,
Et pourtant c’est moi
Son ange qui l’allume !
Car…
Je suis la cabine
Témoin de tendresse,
Son beau Belgacom
Qui a ses caresses.
Comme chacun peut s’exprimer, déposer ses mots d’après la toile que Lali dépose chaque dimanche si chaleureusement! C’est un réel plaisir de venir vous lire où toutes et tous interprétez la toile comme vous le sentez. C’est magnifique. Je me réjouis à chaque fois.
Bisous à vous tous avec mes amitiés 🙂 et bonne semaine.
Chouette sujet de toile… Je ne connaissais pas mais j’apprécie; c’est original. Merci pour la découverte!