Sur l’ivoire
La nuit dernière j’ai rêvé, me croiras-tu,
que sur l’ivoire dont chaque jour tes doigts
calment l’attente, je parvenais à te traduire
à petits traits, petites touches, ce qui de toi
me vient depuis le jour de ton apparition,
à te montrer en ce langage par quels délires
furent marquées les heures où j’eus le sentiment
qu’il tenait à si peu que nous prenions le large.
Mais, tu le sais, je commerce avec les seuls mots,
au réveil il ne me restait qu’à les tracer
sans cacher leur misère, pour te manifester
mon rêve et ma chimère avec es quelques vers
bricolés sur l’ivoire de mon méchant clavier.
Hubert Nyssen, Eros in trutina
*choix de la lectrice de Carolyn Anderson

4 réponses
Quel beau poème d’Hubert Nyssen, merci Lali.
Ouf! ça m’irait comme un gant!
Très belle poésie.
J’aime autant le poème que la toile.
Je l’avais échappé celui-là il y a quelques jours… et pourtant, il devait me tomber sous les yeux!