Ailleurs, il y avait des 45 tours de chanteurs dont nul ne se souvient, il y avait la musique à la mode qui a fini par se démoder, il y avait un monde que je ne connaissais pas. Un monde si loin de mon univers qu’il aurait suffi de peu pour que je prenne les jambes à mon cou pour ne pas avoir à écouter « ça ». Et probablement en était-il de même pour les petites filles qui venaient chez moi et qui découvraient avec stupéfaction qu’il n’y avait chez nous que des disques de musique classique, des ballets, des opéras, des musiques du monde. Une différence qui me plaisait : je n’avais pas envie d’avoir l’air de sortir d’un moule.
Et si je ne me souviens pas à quel moment j’ai entendu son nom pour la première fois, je sais par contre que je l’ai vue à la télé, tandis que maman me racontait ses débuts. Une histoire que je n’ai jamais oubliée, celle d’une jeune femme qui grugeait à même son maigre salaire de secrétaire pour s’offrir des leçons de chant et qui connut une renommée internationale. Il s’agit de Maureen Forrester que vous avez eu l’occasion d’entendre ici et dont je vous invite à écouter l’interprétation d’Erbarme dich, mein Gott.
*toile de Victoria Culbertson

Une réponse
C’est un bel hommage Lali pour la Grande Dame de la Lyrique. Dans « Erbarme dich, mein Gott », sa voix est sublime!