Il m’arrive de me promener dans les rayons de mes étagères, comme semble le faire la lectrice de Brent Jeffrey Thomas, et de retrouver un livre cher, dont j’avais un peu oublié l’existence. C’est le cas d’une édition bilingue (roumain/anglais) des Poezii de Mihai Eminescu, livre que m’avait offert mon amie Catalina, de Brasov, pour mes 20 ans. Dont je tire ces quelques vers :
My darling, let my ear be blessed
against your heart, to hear the beat
of it with love, and see your eyes
shine with that unspeakably intense and sweet
light of love, illuminating
the dark way and dim glades
of my thoughts, and cool and quiet
bringing peace to the shades
of passion, and you again
will be there above me
to stop and hold my pain,
you, my first love, my last dream.
Et je me rappelle l’émotion d’alors. Et je me dis que j’aurai toujours 20 ans… Et je découvre ici d’autres poèmes de Mihai Eminescu, en français, et je me dis que j’ai bien fait de me laisser tenter par ce livre, tout spécialement.

3 réponses
Merci Lali de faire connaître un poète roumain. J’aime bien du même poète…
T’aimer secrètement
T’aimer secrètement fut mon larcin,
Pour être à ton goût, car j’ai cru lire
En tes regards un éternel empire
De rêves voluptueux et assassins
Je n’en peux plus; ma flamme fond la cire
Du vain cachet qui cèle mon dessein;
Aussi veux-je brûler aux flammes de ton sein,
De l’âme qui me sait et me désire.
Mes lèvres et mes yeux de fièvre torturés
Les vois-tu donc, pour m’en guérir, ma reine,
Ma douce enfant aux longs cheveux dorés ?
Tu rafraîchis mon front de ton haleine,
Et ton sourire enivre ma pensée.
Ô viens contre mon coeur… ôte ma peine.
J’ai lu ces autres poèmes en français. Une merveille.
Merci.
merci pour ce lien.
moi j’ai aimé celui là,
O, mère…
O, Mère, douce Mère, du brouillard du temps
Tu m’appelles vers Toi par le vert bruissement
Des acacias perdant leurs feuilles, avec détresse,
Sur le caveau noir et saint de Ta sépulture.
Leurs branches en se touchant avec Ta voix murmurent.
Ils frémiront toujours, Tu dormiras sans cesse…
Ne pleure pas, Chèrie, lorsque je mourrai,
Mais romps un beau rameau au tilleul sacré
Et, le plantant à l’endroit de ma tête, laisse,
Couler sur lui tes larmes amères et fécondes.
Un jour je sentirai qu’il ombrage ma tombe…
Dans l’ombre grandissante je dormirai sans cesse…
Mais, s’il fallait ensemble que nous mourrions, un jour,
– Point de lieu triste, avec des murs autour –
Qu’au bord d’une rivière on nous ensevelisse,
Dans un même coffre, tous deux, comme avant,
Pour te sentir très proche, éternellement…
L’eau pleurera toujours, nous dormirons sans cesse…
Pour moi, ce portrait est celui d’une bibliothécaire, et son sourire est celui du contentement d’avoir trouvé ce qu’on lui demandait… Je n’associe pas du tout avec la situation intime que tu évoques. Elle est dans un lieu public et je trouve qu’elle semble prendre la pose…