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Le carnet de Montréal 2

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La lectrice du peintre chilien Marcial Plaza Ferrand a parcouru Le carnet de Montréal de Carl Norac du premier au dernier poème en prose. Puis, elle est restée là, songeuse, à se demander quel poème elle choisirait à votre intention. Ce n’est que quand elle est partie que j’ai trouvé un petit mot m’indiquant de transcrire ce texte pour vous :

19 mai

Chaque battement de cil nous ramène à nous-mêmes. Chaque mouvement de ventre nous conduit vers l’autre. C’est entre ce regard et cet abandon que la solitude s’insinue. Je l’ai toujours louée, cette solitude, de peur de l’acheter comptant, de la mélanger aux objets usuels, aux habits et aux masques. Autrefois, je cherchais à l’apprivoiser, à l’enrober de sucre et de jours paisibles, alors que rendue à l’état sauvage, elle devient prodigue, se contente en nous d’un seul territoire de chasse. Un seul territoire : celui du désir, qui meut enfin le ventre.

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