Quelques recueils et des revues littéraires consacrées à la poésie attendaient la lectrice du peintre Rafael Estellés Bartual et je la regardais faire, aller de l’un à l’autre en me demandant sur quoi s’arrêterait son choix. C’est quand elle est partie en laissant un signet entre deux pages que j’ai constaté qu’elle s’était arrêtée à la revue Poésie 1 et à son numéro d’avril-juin 1985 consacré aux poètes du XXe siècle. C’est donc par un texte de Marcel Béalu que débute cette petite incursion au pays des poètes du XXe siécle.
Les morts qui habitent les étoiles
Ont empli de larmes la prairie
Notre amour comme une fleur piétinée par l’orage
Se redresse et sourit au soleil revenu
Allons-nous retrouver ce bonheur
Dont la clé gît rouillée sous la glycine
Près de la porte abandonnée
Le bel été regarde s’éloigner
Ce délire qui passa sur nos cœurs
Comme le crépitement de l’averse
Sur l’océan désert
La rivière se cache dans un nuit de feuilles
Tout retourne au secret l’herbe et ta nuque blanche
Ton visage où glisse encore un pleur
Et nos mains à nouveau réunies
(Marcel Béalu)

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