L’exil avait commencé bien avant qu’elle n’en prenne conscience. Il était venu dès l’enfance, né de la différence qui isole dans un monde où copies conformes se réunissent et sont heureuses de se comprendre. Puis il s’était tapi quelque temps, caché derrière quelques livres, attendant son heure. Patient.
Il savait qu’on revient toujours à lui quand on le porte en soi, même si on tente d’étaler ses racines selon les circonstances. Il y en aura toujours une qui voudra aller vivre ailleurs et qu’on suivra. Là-bas. Ailleurs.
Et l’exil était là. À portée de la main. Au bout du regard. Dans la pièce tapissée de livres où elle vivait désormais.
*sur une toile de Luis Rejano

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