C’est déjà le moment de vous proposer une nouvelle toile à raconter en vos mots. Pour l’occasion, j’ai choisi cette lectrice du peintre mexicain Alfonso Michel, que j’ai découvert récemment, en espérant qu’elle saura vous inspirer une histoire ou un poème.
Comme le veut l’habitude, aiucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc plus que le temps devant vous pour donner vie à cette lectrice en plus de lire les textes déposés sur celle de dimanche dernier, et de les commenter si vous le souhaitez. Il nous fera plaisir de vous lire.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
2 réponses
Elle relit ses notes. Des écrits réalisés bien avant l’ère numérique. Un tas de brouillons papiers. Des feuilles volantes de divers formats. Et des carnets aussi. Plein de carnets et cahiers, en pagaille. Emplis de gribouillis. Que faire de tout cela ?
Elle a bien des pistes. Deux débuts de romans à mettre ensemble. Mais est-il bien approprié de les assembler, d’y ajouter autant que possible des textes épars, et de rédiger le « ciment » qui permettra que tout cela tienne ?
Ces projets de l’époque sont réussis, c’est indubitable. Elle en a reçu d’excellents retours d’un ami coach. Mais l’argument est jusqu’à présent très mince. Il faudra plus que simplement du « ciment ». Des pans entiers de l’argumentation restent à écrire. Elle a déjà commencé à les construire.
A certains moments, cet assemblage semble cohérent. Et à d’autres pas tellement. Il lui faudrait du recul. Laisser décanter. Alors qu’elle était lancée. Qu’elle était partie avec enthousiasme, afin d’exhumer des cartons ces ébauches, et de constituer une nouvelle réalisation. Cela la dérange et l’attriste d’arrêter. D’interrompre, de reporter. N’est-ce pas encore tout à fait le moment de bâtir cet ouvrage? Ou vaut-il mieux, pour plus de limpidité, élaborer deux romans différents, comme elle en avait l’intention initialement? Là elle a l’impression que ça part dans tous les sens. Mais ce n’est peut-être qu’une impression.
Natacha va prendre un peu de distance. Profiter de cet été trop chaud, qui permet tout de même la détente, entre toutes les tâches qui s’accumulent, envahissantes. Elle s’est assise devant la fenêtre. De temps en temps, un filet d’air frais franchit le volet entrouvert.
Aujourd’hui est une journée d’accalmie dans cette saison caniculaire. Ce petit vent joyeux l’invite de façon espiègle à fermer le carnet, à laisser se dissiper nonchalamment son souci de création contrariée. Mais elle reste rêveuse, sans se résoudre à lâcher ce qui lui plaît dans ces esquisses, qu’elle voudrait conduire vers un aboutissement harmonieux. Dépitée cependant, du manque de clarté, et peut-être d’unité, qui l’empêche de poursuivre son œuvre avec toute la légèreté souhaitée.
Je ne saurais vous dire quand la chose m’est venue.
C’était peut-être Morning Sun d’Harold Knight, La femme lisant de Picasso ou alors La liseuse de romans d’Antoine Wiertz. Toujours est-il que mon appareil photo est devenu friand de ces femmes qui s’adonnent aux plaisirs de la lecture, perdues dans leur monde impénétrable.
Et nous sommes plusieurs à être fascinés par ces portraits et pour qui le blogue de Lali est devenu, au fil des années, un repère. Il me vient en tête que je ne suis pas le seul. Il y a quelques années, en 2008, une fidèle, Flairjoy, avait laissée ces mots que je trouve plaisir à relire et à partager.
Une lettre lue avec passion
Par une lectrice amoureuse.
Toutes les phrases disent son nom,
Chaque parole est langoureuse.
Elle s’est éprise, belle romantique,
D’un amant au verbe timide.
Un “puis-je” suivi d’un méchant tic
Annoncent ses requêtes insipides.
L’écrit est bien plus savoureux
Car les mots en viennent au fait:
“Loin de vous je suis malheureux,
Je suis hanté par vos attraits!”
Mais dès qu’un rendez-vous s’annonce
Il perd alors tous ses moyens.
Et devant elle sa voix renonce.
Il redevient un collégien.
Poursuivons la lecture du pli
Qui contient vous le pensez bien,
Un appel au mitan d’un lit
Couvert de roses et de bouquins.