
Alors que Montréal se remet de la récente tempête de verglas qui a privé d’électricité un million de foyers de quelques heures à plusieurs jours, le printemps semble s’installer pour de vrai. Je compte donc ranger jusqu’à l’automne pelle, déglaçant et bottes munies de crampons, entre autres.
Peut-être même que dans pas si longtemps je pourrai lire dehors, comme le fait la lectrice de l’artiste Bao Luu, que je vous invite à faire vivre en vos mots.
Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc plius que le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier et d’écrire quelques lignes.
D’ici là, bon dimanche à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
4 réponses
Deux ou trois mots Effeuillés
« Chérie, toi pour qui mon cœur bat à plus de 80 »
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te disent que tes yeux
Sont deux papillons bleus.
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te disent que ton cou
Sous l’amour est si doux.
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te susurrent que ta voie lactée
Me fera trépasser.
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te susurrent que ton ventre
Me fait devenir chantre.
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te déclarent sans ambages,
Comme j’adore tes jambes.
Deux ou trois mots Effeuillés
Qui briment
– À quoi ça rime …
Ma belle Aubergine,
Me répondent sur le coup
Que cette contravention
Pour ma non attestation
Sur confiné
Pour plus de 100 petits kilomètres,
Dépassés,
Me sera bien donnée …
Ah qu’il est doux de ne rien faire
Quand rien ne s’agite autour de nous.
Pas l’ombre de la moindre affaire,
Ni tracas ni aucun remous.
Retrouver la joie nécessaire
De lire, ou pas selon le goût,
Mais de faire la nique à l’hiver
Qui ne nous gêne plus, peu ou prou.
Profiter des faveurs solaires,
De cette quiétude au rendez-vous,
Quand par une journée très claire
On se sent ressortir du trou.
Goûter ce plaisir littéraire
De ne plus être au garde à vous
Et préférer au rocking-chair
Un transat dehors, en bambou.
C’est à elle que je dois cette conviction que lire, c’est apprendre à écouter en silence, les mots que quelqu’un a écrits pour qu’ils s’en aillent à la rencontre du monde. Et le monde, me disait-elle, vu par les yeux et les mots des autres, peut nous faire changer de regard et embellir celui que nous croyons si bien connaître.
Et de l’homme rapaillé de Gaston Miron au liseur du 6H27 de Didierlaurent il y a sa présence. D’Anne Hébert au bouquin de Françoise Coulmin (que j’apportais aux toilettes), il y a le frisson de sa voix. La douceur de son accent. Le parfum de sa peau.
Et elle est là, dans le silence des pages caressées par les premiers rayons du jour. Dans les mots que je caresse de mon silence. Et quoi que le temps fasse de nous, ce sera toujours ainsi. Parce que.
Et je sais qu’à cette heure où l’aube de Lisbonne me salue, elle, de l’autre côté du grand lac, a fait fî de l’arrogance des hommes et du temps qui passe. Pris quelques vieux bouquins d’avant que des nouveaux penseurs ne viennent réécrire de leurs mots lisses et sans goût ceux d’Agatha Christie. Ou de quelqu’un d’autre.
Du temps où les enfants rêvaient d’histoires épiques, aux fins heureuses. Où on pouvai encore réveiller les princesses d’un tendre baiser.
Message qui n’est pas passé que je reposte :
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» Marguerite, je t’aime, un peu beaucoup … »
Tu es et tu seras toujours telle une lionne,
Visant la liberté de mœurs à en pâlir,
Autour des trois Henri, acharnant le plaisir,
Marguerite, une Fleur, le Lys sous la couronne.
L’aventure galante à la cour t’aiguillonne,
Et les amants nombreux que tu sais étourdir
Tombent drus à tes pieds comme si doux soupir
En château de Nérac, sur les Lot et Garonne.
Mais un jour, il faudra chasser ce naturel
Sous les pas des chevaux et reprendre missel,
Agonie en public à l’aune libertine.
Recevant de plein fouet le courroux fraternel,
Tu prendras ces vingt ans de foudre masculine,
Cloîtrée en la prison de l’homme machiavel …
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« Sonnet pour une femme, et quelle femme ! Un esprit précurseur, au goût de la liberté des possibles qu’auront demain les femmes… »
La reine Margot, aux trois Henri, Marguerite de Valois, sœur du Roi Henri III, épouse d’Henri III de Navarre – futur Henri IV -, et amante d’Henri de Guise et de bien d’autres, fut admonestée lors d’un célèbre bal par son Roi de frère, puis écrouée peu après…
Le couple Henri de Navarre, Marguerite était libertin. Un état de fait qui durait depuis jolie lurette. C’était donc sans doute un prétexte, mais l’État a ses raisons que la raison ignore …