C’est demain, à cette heure-ci, que seront validés les textes que vous aurez déposés sur la scène livresque de dimanche dernier. Les journées passant souvent trop vite, si vous suiviez l’exemple de l’écrivaine peinte par Fritz Bersch et déposiez sans attendre la dernière minute le texte qui mijote sur le feu depuis quelques jours?

Une réponse
Il était une fois… ou bien … peut-être une autre fois !!
« Ce sont les giboulées de Mars! » Avait dis la vieille dame au jardinier, tout en donnant sa tartine de confiture au tout petit garçon qui était assis sur les marches du perron sous la véranda.
« C’est pour cela que le temps pleure ou bien rie! » Répondit le jardinier retournant à ses semis dans la serre au fond du jardin.
« Ca fait chanter le merle! » Lança t’il de loin juste avant de disparaître.
Le merle, invisible lançait ses roucoulades du fond d’un bosquet, pendant que les gouttes de pluie faisaient des ronds dans les flaques d’eau de l’allée du jardin.
Certaines de ces gouttes avaient le pouvoir magique de faire des bulles.
De grosses bulles, qui tournaient doucement à la surface de l’eau pour faire admirer leurs jolies couleurs irisées où se mirait en minuscule le paysage alentour.
Le tout petit garçon regardait cela admiratif, se disant qu’à l’intérieur de ces bulles devaient êtres d’autres Mondes puisque l’on voyait les paysages se dessiner de belles couleurs sur leur délicate surface.
« Zut! » Le gros paquet de confiture qui glissait sur le côté de la tartine, « Plof! » vient de tomber en plein milieu de son tablier. Le tout propre. Celui que la vieille dame venait de lui enfiler tout à l’heur en disant:
« Mais, ce est pas possible! Dans quel état t’es-tu encore mis? »
Le merle continuait à chanter.
C’était beau à l’écouter.
Certainement que le merle chantait pour lui, pensait le petit enfant.
Y avait t’il des merles dans cette grosse bulle qui tournait doucement devant lui?
Un jour pensait le petit garçon, j’irais dans ce Monde.
J’irais avec mon Ami!
Quel Ami?
Ce petit bambin était le seul enfant de cette grande maison. Il était toujours seul.
Quand il parlait parfois, c’était avec les oiseaux ou bien aux escargots, à qui il faisait faire des courses, là sur la marche du perron.
Oh! Il y avait souvent des accidents comme dans toutes les courses. Des coquilles cassées ou tout simplement écrasés, cela en voulant simplement les aider à arriver plus vite.
Non, l’Ami dont il parlait était tout autre chose. Un Être invisible. Une Présence que l’enfant ressentait depuis toujours auprès de lui.
Certains pourraient dire:
Un Fantôme!
Non! C’était son Ami, cette sensation que quelque chose, quelqu’un qui l’aimait était toujours là dans son sillage, à le protéger, à le rassurer.
Lui ne pouvait pas l’expliquer.
Peut-être l’Ombre ou l’Ame d’un Ancêtre qui le protégeait.
En tout cas, le petit garçon n’avait jamais peur.
Même pas le soir, dans le noir de sa chambre, quand on entendait les marches de l’escalier craquer les unes après les autres, comme si quelqu’un montait jusqu’au grenier interdit.
Oui! Un jour, peut-être quand il sera grand, il partira en Voyage, quittera ce Monde où les gens sont bizarres, ne sont pas comme lui.
Oui ! Ils ne sont pas comme lui !
Eux, on peut les voir de partout. Devant, derrière.
Lui, ce n’est pas possible. Donc, il n’est pas pareil.
A part le morceau de confiture qui s’est étalé sur le tablier, là, juste devant. Il ne peut se voir derrière.
Même la grande glace de l’armoire, celle qui fait les mêmes grimaces que lui, ne sait pas s’il il y a quelque chose derrière.
La pluie s’est arrêtée.
Le soleil est revenu.
Il a replu.
Le Temps a passé, passé.
Bulle tourne, tourne.
Ce matin en ouvrant la fenêtre un merle chantait, pendant qu’une bulle tournait dans une flaque d’eau, là, juste devant moi dans le jardin.
Un petit enfant étai là, puis un autre petit enfant !
Le temps de me retourner, et c’en était un autre et puis encore un autre et encore plein d’autres.
Ce sont mes petits enfants, les enfants de nos enfants.
Chante mon ami le Merle !
Pierre