Plus je les écoute et plus je me tais. Je n’ai pas d’opinion sur tous les sujets et quand j’en ai une sur un sujet quelconque, je me rends bien compte qu’elle est si divergente qu’il vaut mieux ne pas en faire part, parce que ça fait de la houle inutilement. Je n’ouvre pas la télé, j’ouvre des livres. Je ne connais pas les lieux branchés de Montréal, je ne connais que ceux où je suis bien. Je n’ai pas d’agenda, parce que je n’ai rien à y inscrire ou parce que je préfère faire travailler ma mémoire.
Plus je les écoute et plus je me tais. Et plus je lis et plus j’écris. J’ai ce lieu qu’ils n’ont pas. J’ai cet univers qui ne ressemble à aucun autre et dont je ne parle pas. Où je ne cherche à convaincre personne. Où je vais au gré de mon inspiration. Sans demander mon chemin.
Plus je les écoute et plus je me tais. Une table pour m’écrire m’attend. Quelques olives ou des morceaux de gingembre confit. Du café, du thé, de l’eau citronnée ou du jus d’abricot. Des fenêtres. Et cette vie dont je leur ne dirai rien.
*toile d’Anne-Catherine Phillips

2 réponses
Ce billet, Lali … un véritable écho à mon propre ressenti….
Et c’est tès bien ainsi ! Chacun a son jardin secret !