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Un dimanche avec Philippe Soupault 5

VUILLARD (Édouard) - 39

365 heures

Jours blancs jours de peine
jours de laine moutons
que l’on pousse et que l’on tond
troupeaux de jours sans haleine

Jours longs comme les cheveux
blancs comme la neige et le feu
cendres et fumées et cendres
escalier qu’il faut descendre

Petits vieux en robe de peine
jours creux comme des assiettes vides
quand la faim mord et morfond
vieilles journées et feuilles mortes

La vie passe comme un véhicule
devant les fenêtres fermées
et nous serons bien ridicules
devant nos miroirs brisés

Rions puisque vous demandez
que les jours soient des souvenirs
quand on a perdu la mémoire
et qu’il faut rire et qu’il faut vivre

(Philippe Soupault)

*toile d’Édouard Vuillard

En vos mots 466

ZIMMER (Glenn)

Il y a toujours quelque chose d’attendrissant dans le sommeil d’un enfant. Et peut-être encore plus quand il y a des livres dans son décor, raison pour laquelle j’ai choisi cette illustration à votre intention.

À vous de nous raconter en vos mots ce que cette scène, signée Glenn Zimmer, évoque pour vous. Quel souvenir elle a fait jaillir d’un plus ou moins lointain passé. À qui vous avez immédiatement pensé quand vous avez vu cette image. Ou bien autre chose.

Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous donne amplement le temps d’écrire quelques lignes et de lire les textes déposés sur la toile de dimanche dernier. Lesquels vous proposent des histoires bien différentes les unes des autres à partir d’un même sujet, comme vous pourrez le constater.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Philippe Soupault 4

WYETH (Newell Convers) - 5

Bien-Aimée

la femme que j’aime ne sait pas tricoter
elle sait rêver rêver rêver
et ses rêves sont des nuages de laine
gonglés d’espérance multicolore
que convoque le crépuscule

Elle sait repasser à merveille
les merveilles rouges et bleues
tout ce qui est crépusculaire miraculeux
pour l’herbier des souvenirs
et les longues soirées d’hiver

La femme que j’aime sait aimer
ce qui est lourd comme la douleur
et dur comme le lendemain
inquiétant comme les jours de fête
quand tout est meilleur que le pire

(Philippe Soupault)

*toile de Newell Convers Wyeth

Un dimanche avec Philippe Soupault 3

BEERHORST (Richard) - 19

Secret

Sous le règne des balançoires
Aquarellistes enfants de chœur
Nous racontent maintes histoires
Et nous font tourner le cœur.

Le cœur tourne et la nuit noire
Pas un mot à votre sœur
C’est la nuit des encensoirs
Où tout glisse même le passeur ;

Cachez ce secret dans l’armoire
Sous le lit, sous l’ascenseur
Mais exercez votre mémoire
Et traitez-là sans douceur.

(Philippe Soupault)

*toile de Richard Beerhorst

Un dimanche avec Philippe Soupault 2

BARNETT (Elizabeth) - 7

Rien que cette lumière

Rien que cette lumière que sèment tes mains
Rien que cette flamme et tes yeux
Ces champs cette moisson sur ta peau
Rien que cette chaleur de ta voix
Rien que cet incendie
Rien que toi
Car tu es l’eau qui rêve
Et qui persévère
L’eau qui creuse et qui éclaire
L’eau douce comme l’air
L’eau qui chante
Celle de tes larmes et de ta joie
Solitaire que les chansons poursuivent
Heureux du ciel et de la terre
Forte et secrète vivante
Ressuscitée
Voici enfin ton heure

(Philippe Soupault)

*toile d’Elizabeth Barnett

Un dimanche avec Philippe Soupault 1

BARKHANAJIAN (Tigran) - 3

Le 12 mars 1989 s’éteignait le poète Philippe Soupault, auquel le dadaïsme et le mouvement surréaliste doivent beaucoup, même s’il a été exclu de ce dernier en 1926. Belle occasion de partager avec vous quelques-uns de ses poèmes, me suis-je dit en invitant des lecteurs et lectrices à les lire à haute voix, notamment ceux peints par Tigran Barkhanajian qui ont choisi ce poème à votre intention :

C’est demain dimanche

Il faut apprendre à sourire
Même quand le temps est gris.
Pourquoi pleurer aujourd’hui
Quand le soleil brille.
C’est demain la fête des amis,
Des grenouilles et des oiseaux
De champignons, des escargots
N’oublions pas les insectes
Les mouches et les coccinelles
Et tout à l’heure à midi
J’attendrai l’arc-en-ciel
Violet indigo bleu vert
Jaune orange et rouge
Et nous jouerons à la marelle.

Ce tremblement 6

HARRINGTON (James) - 1

Notre remontée s’enlise
su des nuages en mal d’azur

Fragile je demeure arrimée
au large de l’horizon
et j’attends que ton cri
s’éveille enfin

Agnès Riverin, Ce tremblement singulier

*choix de la lectrice de James Harrington

Le bruit des vagues

Deckchai canute - photo de Richards (Getty Images)
(photo de Richards, Getty Images)

Lire au bord de l’océan peut être agréable, mais beaucoup moins si on s’endort en regardant les vagues, comme le prouve cette jolie scène livresque envoyée d’Allemagne par Peggy.

Jour de chasse aux trésors

bazar

Que trouverai-je aujourd’hui? Je ne le sais pas encore. Je sais juste qu’il fait beau et que je vais à la chasse aux cartes postales et autres trésors…

Ce tremblement 5

HARPER (Carol)

La mer se loge au creux de nos silences

Entends simplement le ressac
le fracassement sur les parois
entends le gris du vent

Qui sommes-nous donc
dans ce frôlement des eaux

Agnès Riverin, Ce tremblement singulier

*choix de la lectrice de Carol Harper (dont toute trace a disparu)