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Ce que mots vous inspirent 1610

AUST (Carol) - 2

Le phare se nourrit de notre nuit pour exhaler le paysage. (Matthieu Gosztola)

*toile de Carol Aust

Que ferais-je du jour 3

BACKMANSSON (Hugo)

Une fine buée attrape les étoiles
la noirceur qui s’y cache

j’appuie mon front
contre la vite

des feuilles ou de l’oiseau
peu importe
qui danse

l’envers est l’endroit
un regard éblouit

Martine Audet, Que ferais-je du jour

*choix de la lectrice signée Hugo Backmansson

Qu’est–ce qu’elle a maman?

maman

La dépression n’est pas un sujet facile à aborder, et encore moins dans un album destiné aux petites mains. Le défi était donc de taille pour la la comédienne Sophie Faucher qui avait choisi de s’attaquer à ce thème pour son premier livre pour enfants, en se glissant dans la peau de Théo.

Théo a huit ans et il a décidé d’écrire son journal même si sa sœur lui dit que c’est un « truc de fille ». Et pour une bonne raison : il veut comprendre ce qui arrive à sa mère. Une mère qu’il ne reconnaît plus, qui traîne en robe de chambre, qui pleure souvent, qui panique pour rien et qui est aussi lente qu’une tortue. Une mère qui n’a presque plus rien à voir avec celle qu’il connaît et qui prend plein de pilules de toutes les couleurs. Une mère en pleine dépression. Mais dont elle viendra à bout. On s’en doutait. Un tel album se devait de bien finir.

Mais le chemin emprunté m’a laissé perplexe. Je ne savais pas que le ski avait le pouvoir de guérir les dépressions. C’est pourtant l’impression que j’ai eu au détour d’une page où tout s’est précipité à l’occasion de voyage de ski. Et « précipité » est presque peu dire tant le virage a été rapide. J’ai même pensé que l’éditeur avait fixé le nombre de pages et qu’on n’avait dû en retirer pour s’en tenir au nombre choisi tant le passage de l’ombre à la lumière a été rapide.

Une deuxième lecture a eu le même effet. Je n’ai pas été en mesure de croire en cette histoire malgré les scènes bien décrites et des illustrations signées Florence Leroux pour la plupart assez efficaces, même si un peu rudimentaires. Et je me demande encore pourquoi il n’y a pas de dossier pour les adultes à la fin, ce que j’estime essentiel pour un tel livre.

Autrement dit, Qu’est-ce qu’elle a maman? ne m’a pas convaincue. Un autre album sur le sujet s’avère nécessaire.

L’inspiration du vent

As Wind Above The Waste - toile de Mo Wise

Pas moyen de retrouver quoi que ce soit sur Mo Wise, cette artiste britannique à qui on doit ce tableau intitulée As Wind Above The Waste. Je dirai donc ce que je ressens en le contemplant : le vent est une inspiration.

Ce que mots vous inspirent 1609

ANKER (Albert) - 16

La vérité, c’est qu’il y a une quantité incroyable de gouttes qui ne font pas déborder le vase. (Romain Gary)

*toile d’Albert Anker

Que ferais-je du jour 2

AVED (Joseph) - 4

Dans le tiroir des heures
je dispose côte à côte
un grain et l’immensité

la lueur d’une lampe glisse
sous ma porte

je retourne à la fenêtre

je n’ai pensé à personne

Martine Audet, Que ferais-je du jour

*choix de la lectrice de Joseph Aved

Dix ans ont passé

PATTEN OLIVER (Eileen)

J’y ai pensé les deux premières années. Puis au bout de cinq ans. Et maintenant. Parce que dix ans ont passé depuis ce 6 janvier 2006.

Ce jour-là fut une sorte de fin du monde. On ne quitte pas sans avoir le cœur brisé le lieu où l’on a passé la moitié de sa vie. Surtout quand ce n’est pas un choix, mais quelque chose qu’on nous impose.

Ce vendredi-là, j’ignorais qu’au début de l’après-midi on me dirait que tout était fini, que la librairie allait fermer ses portes dans les prochaines semaines et qu’on n’avait plus besoin de mes services. Ce matin-là, je suis allée travailler, comme d’habitude.

Et je suis rentrée, brisée. Les 22 stations de métro entre la librairie et la maison avaient défilé sans que je ne les voie.

Ma vie venait de basculer. Il m’a fallu peu de temps pour remplacer cette vie par une autre. Une vie où je ne déplace plus de lourdes caisses, où je n’ai pas besoin d’enfiler pull par dessus pull en hiver pour ne pas geler, où je ne suis pas tenue d’aller travailler quand je tousse à m’en fendre l’âme (parce que j’ai maintenant une banque annuelle de congés de maladie), où je peux mettre quelques sous de côté parce que le salaire n’est plus celui de crève-faim de l’époque.

Dix ans ont passé. Ma vie de libraire me manque parfois. J’aimais tant conseiller des livres, faire découvrir des auteurs, des illustrateurs, des personnages, des collections, des éditeurs.

Il n’est pas nécessaire d’être libraire pour le faire, ai-je compris après un certain temps.
C’est à ce moment, je crois, que le pays de Lali a pris son envol.

Dix ans ont passé. Je n’oublierai jamais les 22 années qui les ont précédés.

*toile d’Eileen Patten Oliver

Une carte envoyée de Sibérie

20151225 012

Superbe illustration que celle-ci, envoyée de Sibérie par Lera, d’autant plus qu’elle m’a permis de faire connaissance avec Svetlana Aristova, dont le travail devrait vous plaire… si je ne me trompe pas!

Ce que mots vous inspirent 1608

ALLINGHAM (Helen) - 11

Le naturel est bien un pli, mais l’éducation aussi. (Proverbe anglais)

*toile d’Helen Allingham

Que ferais-je du jour 1

ASSELIN (Maurice) - 4

Le soleil est là
soudain
un trop-plein du ciel
une éclaboussure

je remonte les heures
par-dessus ma tête

par où rejoindre un rêve?

Martine Audet, Que ferais-je du jour

*choix de la lectrice de Maurice Asselin