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Un dimanche avec Louis Scutenaire 1

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Parce qu’il y a dix ans, à quelques heures près, débutaient mes vacances en Belgique, lesquelles ont donné naissance à des amitiés indéfectibles et, de fil en aiguille, par des détours et des chemins de traverse, au blog de Lali, né en novembre 2005, j’ai eu envie pour l’occasion de vous offrir quelques pensées de l’écrivain belge Louis Scutenaire.

Né le 29 juin 1905, soit 100 ans exactement avant que je n’arrive à la gare de Liège, Louis Scutenaire affirmait, quand on voulait absolument le définir : « Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni belge. » Citation qui donnera le ton à celles du jour, tirées de son recueil Mes inscriptions (1943-1944) que j’offrirai à des lectrices en pleine rêverie et plongées dans leurs souvenirs, comme celle peinte par Byron Tracy Snyder. Car, comme écrivait Scutenaire : Une pensée est la trajectoire d’une flèche, inséparable de la flèche.

Les alternances 4

GUILLAUMIN (Armand) - 12

Le lac

Aux pieds de trois coteaux habillés de sapins
Gît un lac profond, clair et sage,
Où maintes fois je suis descendu, le matin,
Aspirer la paix qu’il dégage.

Rond et luxuriant, à son centre, un îlot
Ressemble au chaton d’une bague;
Les arbres alentour, penchés au bord de l’eau,
Y dessinent des formes vagues.

Libre de quais encore, à nul chemin ouvert,
Inutile et pur diadème,
Il est, dans l’âpreté de ce pays désert.
Une oeuvre d’art pour l’art lui-même.

Je suis ton amant pauvre, ô lac, et ne peux pas
Arrêter les sinistres haches;
Ecoute-les sonner, autour de toi, le glas
Du bois qui te pare et te cache.

Tu deviendras, parmi les maisons, les champs nus,
Une eau sans attraits, une mare,
Une chose qui sert à naviguer dessus,
Dont la multitude s’empare.

Qu’importe ! Ils n’auront pas, ces maîtres imposés,
Connu ton sourire de vierge;
Je le garde en mon cœur comme un secret baiser
Que j’aurais cueilli sur ta berge.

Alphonse Beauregard, Les alternances

*choix de la lectrice d’Armand Guillaumin

Juste un peu de jaune

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Il n’en faut pas davantage pour illuminer une journée!

La place de Rhosneigr

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Sachant que j’aimais les plages et découvrir des artistes locaux, Andy a choisi pour moi cette scène peinte par l’artiste Janet Bell. Vous l’aurez deviné : je suis tombée en amour avec le travail de celle-ci. Chose qui risque de vous arriver si vous visitez sa galerie.

Ma route est certains jours signe de tristesse

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Je n’ai pas trop compris compris ces cordes allaient peut-être venir à bout de l’agrile du frêne. Je sais juste que je suis triste de voir ces arbres disparaître. Et heureuse que celui auprès duquel j’ai grandi ait été épargné.

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Les alternances 3

DE TOULOUSE-LAUTREC (Henri) - 5

Évocation

Le noir espace, beau pour une occulte fête,
A, pour moi, recueilli la vie et la répète
En des formes qu’agite un frisson d’océan.
Dans cette irruption d’images se créant,
Peu à peu se dessine une énorme cohue
Qui se démène, lutte et vers l’argent se rue,
Pour garder plus longtemps, sous le ciel angoissé,
Le don prodigieux de vivre et de penser.
Puis cette multitude, aux gestes frénétiques
Si divers et pourtant par leur but identiques,
S’ordonne et représente une autre humanité
Grande d’incertitude et de complexité :
L’humanité qui veut – gourmande insatiable –
Joindre aux plaisirs des sens ceux de l’âme, à sa table,
Et, ne pouvant jamais sonder toute sa nuit,
S’effare du cloaque affreux où la conduit
L’attachement à la matière cajoleuse;
L’humanité ravie à la fois et peureuse
D’ouvrir à tous les vents prometteurs son cerveau,
Et qui, tenace en son espoir aveuglément, sans trêve,
Entre les deux néants de la Terre et du Rêve.

Alphonse Beauregard, Les alternances

*choix de la lectrice d’Henri de Toulouse-Lautrec

La Tour de l’Horloge

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C’était il y a exactement une semaine. Dans peu de temps allait se dérouler ici un des Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer.
La Tour de l’Horloge, fière et belle, allait veiller pendant douze heures sur les marcheurs, qu’ils soient survivants, aidants ou simples participants.

Au hasard de ma route

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Voilà plusieurs années que j’emprunte le même trajet. Ce qui ne m’empêche nullement de m’émouvoir devant les mêmes fleurs année après année. Comme on retrouve des amies après une longue absence.

Encore une 2CV!

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Envoyée d’Allemagne par Sara, cette 2CV n’est pas ce qu’on remarque en premier en examinant la carte!

Ce que mots vous inspirent 1473

BRELSTAFF (John) - 2

Le poète ajoute à la vie ordinaire un je ne sais quoi qui est le secret des poètes, et tout à coup elle apparaît dans sa prodigieuse grandeur, dans sa soumission aux puissances inconnues, dans ses relations qui ne finissent pas, et dans sa misère solennelle. (Maurice Maeterlinck)

*toile de John Brelstaff