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Un dimanche avec Philippe Claudel 3

J’aime les gens qui fréquentent les livres et qui ne peuvent vivre sans eux. Je crois que cela leur donne une humanité que les autres n’ont pas. (Philippe Claudel)

*toile de William Worcester Churchill

Un dimanche avec Philippe Claudel 2

On cherche toujours à façonner des clés même s’il manque les serrures. (Philippe Claudel)

*toile de David Palumbo

Un dimanche avec Philippe Claudel 1

Parce que c’était hier l’anniversaire de l’écrivain Philippe Claudel, la lectrice peinte par Emanuel Phillips Fox a eu l’idée d’offrir aux lecteurs et lectrices du pays de Lali des citations de celui à qui l’on doit Les âmes grises. Pour l’occasion, chacun des invités portera donc du gris.

Et pour débuter cette journée, cette citation :
On trouve parfois tellement de choses bizarres dans les livres.

De plus loin 4

Montréal est l’image
où veille mon enfance
des neiges la recueillent
dans le mot poésie

L’hiver prend d’assaut
la mémoire des livres
sur un banc gelé rêvé
un homme sans mémoire

On dit le territoire
on dit les grands espaces
on dit du Nord au sud
en fait on est perdu

Des rues froides
dérivent en silence
un poème les remonte
qui parle d’errance

Je suis d’une origine
aux oublis infinis

Claude Beausoleil, De plus loin

*choix de la lectrice de Corinne Hartley

Un livre raté de A à Z

Il est si facile de se faire piéger par le titre d’un livre. Ça m’est arrivé plus d’une fois. Encore il y a quelques jours. Il faut dire qu’avec un titre comme Le pays où poussent les glaces, j’étais déjà séduite. Mais hélas! c’est tout ce qui est réussi dans ce roman destinée aux jeunes lecteurs. Anthony Burgess, l’auteur d’Orange mécanique, avait pourtant une idée : celle de nous entraîner dans un pays où on trouve des cornets géants et des eskimos. Mais il n’a pas su nous faire rêver tant l’histoire nous est contée platement, sans style, sans finesse, à la manière d’un fait divers banal. Quant à Fulvio Testa, responsable des illustrations, il n’a pas réussi à sauver le bateau du naufrage. Pas une minute vous n’aurez envie de goûter ces glaces qui s’offrent sans relâche aux personnages de cette courte histoire. Celles-ci sont fades, moches, sans intérêt.

Il faut plus qu’un semblant d’histoire et un titre pour un livre réussi. Le pays où poussent les glaces nous montre à quel point un livre peut être raté de A à Z.

Pour oublier le froid

Parce qu’il y a peu de plaisir à se promener quand il fait froid, parce qu’il n’est pas agréable de prendre des photos avec des gants, parce que je suis bien au chaud, m’est venue l’envie de vous offrir les couleurs de l’artiste portugais André da Loba, à qui l’on doit ces quelques scènes livresques qui devraient vous faire sourire. Et peut-être même vous réchauffer!

Vous avez 24 heures devant vous

Vous n’avez pas cessé d’examiner l’illustration proposée dimanche dernier. Vous avez même bu votre café sans vous en rendre compte.

Il ne vous reste plus qu’à écrire.
Vous avez 24 heures devant vous.

*toile d’Anthony Ulinski

De plus loin 3

De ville en ville
les usages du réel
se métamorphosent
adaptant l’identique
à l’intime question du vent
aux confluences d’où souffle
la force d’exister
la suite demeure le corps
du verbe découvrir

Claude Beausoleil, De plus loin

*choix de la lectrice d’Henri Matisse

Une terre pas ordinaire

Il n’est ni évident ni facile d’aborder un sujet comme la mort, et encore moins quand on s’adresse à des enfants. C’est pourquoi il faut lever bien haut notre chapeau au duo composé d’Agnès de Lestrade pour le texte et de Charlotte Cottereau pour les illustrations/collages, à qui l’on doit un album émouvant qui sait dire les choses avec poésie.

L’histoire se déroule sur une planète de papier où vivent Toi et Moi, puis plus tard leur fils Petit Lui. Une petite planète dissimulée derrière la Lune, un lieu paisible où tout est légèreté. Un lieu où il fait bon vivre et aimer, et où grandit Petit Lui qui souhaite voir du pays maintenant qu’il a fait le tour de son univers. C’est ainsi qu’il embarquera à bord d’un avion spécialement conçu pour lui, lequel peut voler grâce à des ailes de papillon.

Au cours de leur périple, les trois personnages de La petite terre de papier feront la connaissance d’une vieille dame qui s’apprête à faire son dernier voyage. Elle veut en effet rejoindre son compagnon qui l’a quittée depuis longtemps maintenant qu’elle estime avoir vécu ce qu’elle avait à vivre. Belle occasion de parler de la vie comme de la mort, de ceux qui nous quittent, et de le faire avec tendresse et pudeur grâce au texte d’abord puis aux illustrations aux teintes chaleureuses faites composées notamment de papier découpé, ce qui ajoute au charme de ce très, très bel album que je recommande sans aucune hésitation.

Ce que mots vous inspirent 852

C’est en se heurtant à du silence qu’on épuise le plus sûrement ses dons d’éloquence et de persuasion. (Robert Choquette)

*toile de George Frederic Watts