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Poèmes de sable 8

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La lectrice peinte par Judy Kramer a longuement hésité. Il y avait tant de vers qui l’interpellaient. Puis elle s’est enfin décidée et ce sont ceux-ci, tirés des Poèmes de sable de Marcel Dubé, qu’elle a choisis à votre intention :

Tu n’étais qu’un présage
Qui allait se poursuivre
À travers des milliards d’images
Et d’insondables rêves
Et moi rien d’autre qu’un désir
Qu’une page illisible
d’antimémoire
Qu’un enfant nomade
échevelé
qui n’en finissait plus de courir
Et de perpétuer
son rêve

Je ne savais pas ton nom
Car tu n’avais pas encore pleuré
Mais je pressentais un mirage
En forme d’yeux et de mains
Et ton corps avait l’allure
d’une fleur élancée
Et tes jambes fines
d’antilope solitaire
Cherchaient à retourner
Dans la vallée perdue et vide
De mon flanc crevé

Grâce à Dominique

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C’est un tout petit livre, si petit que si vous ne connaissez pas son existence vous risquez tout simplement de ne pas le voir sur les rayons. C’est d’ailleurs ce qui me serait sûrement arrivé si je n’avais lu ce billet de Dominique qui m’invitait à lire sans hésitation Vent printanier de Hubert Haddad. Un tout petit livre mettant en scène quatre nouvelles où ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui se croisent le temps d’un souvenir fugace, d’une émotion qui remonte à la surface, d’un regard sur soi, le temps de se remémorer une guerre qui a laissé des cicatrices au cœur et dont chacun n’est, au fond, jamais vraiment revenu. Quatre nouvelles bien ciselées, fortes et intenses. Quatre nouvelles pour un petit livre remarquable.

Vous connaissez Beg-Meil?

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Non? Vous ne connaissez pas Beg-Meil? Vous saurez tout ce qu’il y a à savoir sur cette station balnéaire en cliquant ici, où Denise s’est arrêtée lors de son périple breton.

Sur la route de Gaillac

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On trouve Lou qui rentre chez elle en prenant quelques photos de ce coin de pays, des vignes qui servent à la fabrication du vin du même nom et de quelques couleurs automnales.

Quand les feuilles font tapisserie

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On a envie de les prendre en photo!

Ce que mots vous inspirent 269

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Toute quête ne peut débuter que par la connaissance de l’ignorance. (Francis Malka)

*toile de Joseph Sheppard

Couleurs d’automne 12

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Des teintes cuivrées, plus rares que les jaunes, les ors et les rouges, mais non moins belles!

Poèmes de sable 7

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La lectrice de l’artiste britannique John Constable n’est pas restée longtemps. À peine a-t-elle lu deux ou trois des Poèmes de sable de Marcel Dubé avant qu’elle n’ait un coup de foudre pour celui-ci :

Souviens-toi donc de mon amour
éperdu
De mes espoirs sans repos
De ma tendresse retenue
De mes bras inutiles
Et de mon cœur sans audace
Qui chaque jour faisait naufrage
Au bord de tes lèvres asséchées
Entre tes mains fébriles

Mais tu ne refermais pas les doigts
pour le contenir
Pour le faire revenir
de sa folle croisade
sans lendemain

Bruges plus qu’une toile de fond

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Un roman dont le personnage principal n’est ni Hugues Viane, ni son épouse disparue, ni son sosie dont il s’entiche, mais une ville, tel est le roman de l’écrivain belge Georges Rodenbach (1855-1898). Une ville : Bruges. Bruges où tout est mort, où tout s’enlise, Bruges la religieuse, Bruges à la fin du XIXe siècle, où chacun sait tout sur tout le monde et où le commérage va bon train.

Bruges où s’est exilé Hugues Viane depuis son veuvage il y a cinq ans et où chaque jour il caresse du bout des doigts ce qui a appartenu à l’aimée. Bruges dont il parcourt chaque soir les rues. Bruges où le temps semblait s’être arrêté, Bruges où il n’y avait que le passé et plus d’avenir, Bruges où il s’éteignait dans la nostalgie. Bruges où, au détour d’une de ses promenades, il croisera Jane, dont tout lui rappelle ce qu’il a perdu. Tant et si bien qu’elle l’obsédera jusqu’à ce qu’il la retrouve. Non pas pour effacer le passé, mais pour le prolonger. Car à ses yeux aimer Jane n’est pas trahir dix ans d’amour ni celle qui les lui a donnés mais bien l’occasion d’aimer encore pas tout à fait la même, mais pas tout à fait une autre.

Mais Jane n’est pas celle qu’il a épousée. Et s’il en a fait sa maîtresse en l’installant dans une maison à l’autre bout de la ville, c’est justement pour ne pas qu’elle entre tout à fait dans sa vie, pour ne pas qu’elle remplace celle qu’il a perdue. Et plus il se rend compte des différences qui existent entre les deux femmes, plus il se sentira trahi. Et plus Bruges le prendra dans ses bras, lui fera comprendre son erreur d’un lieu de pèlerinage à un autre, là où il trouve refuge alors que sa vie se désagrège sous le poids des regards, celui de Jane, le sien, et de tous les autres dont il voudrait bien se cacher.

C’est Jane elle-même qui signera sa fin. Inconsciente. Dans un geste qui ne pouvait qu’en attirer un autre.

Un roman puissant qui a inspiré en 1920 au compositeur autrichien Erich Wolfgang Korngold l’opéra Die tote Stadt (La ville morte), qui connut un succès dès sa parution en feuilleton et qui fit de Georges Rodenbach le premier écrivain belge à réussir dans la capitale française, lequel vous pourrez apprendre à connaître davantage en visitant le site qui lui est consacré. Un roman marquant de la littérature belge et à juste titre considéré comme un chef-d’œuvre du symbolisme.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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