
Elle a compté pour nombre d’entre nous, elle compte encore pour beaucoup. Elle est celle à laquelle on retourne toujours. Parce que c’est Duras, cette jeune femme, héroïne de L’amant, cette vieille dame, le regard voilé par des lunettes, qui ne mâchait pas ses mots. Unique, incontournable, parfois insondable, mais là. Encore là, toujours là. Même si 14 ans ont passé depuis ce jour de mars où elle nous a quittés, en laissant derrière elle ces livres dont on ne se départira jamais. Même si on ne les lit plus, ou rarement. Mais parce qu’ils ont compté, parce qu’ils nous ont nourris et qu’on a besoin de les savoir à proximité, sur une tablette ou sur la table de nuit.
Et parce qu’elle a compté, qu’elle compte toujours, la journaliste Danielle Laurin a réuni dans Lettres à Marguerite Duras ceux et celles qui ont bien voulu parler d’elle ou lui écrire.
Certains l’ont rencontrée, d’autres pas, mais pour tous, elle a une signification, un sens, une raison jusque dans leur propre écriture ou dans leur démarche de créateur.
C’est donc à un dimanche avec Duras, Marguerite, que je vous convie grâce à ces lettres ou confidences tirées du recueil colligé par Danielle Laurin où des lectrices portant des lunettes, en commençant par celle peinte par Andrew Morton, viendront vous offrir, parce que de Duras il nous restera toujours cette image d’elle derrière des verres.
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