La lectrice du peintre roumain Theodor Aman serait-elle prête à troquer sa chaise pour un banc public? Si c’est le cas, ell devrait en trouver une jolie collection ici!
La lectrice du peintre roumain Theodor Aman serait-elle prête à troquer sa chaise pour un banc public? Si c’est le cas, ell devrait en trouver une jolie collection ici!
Lire en marchant, c’est prendre le risque de heurter quelqu’un ou un poteau, mais ça ne semble guère occuper la pensée de ceux qui ont croisé Armando, puisqu’ils ne l’ont pas remarqué!
Un baiser, qu’est-ce? Un serment fait d’un peu plus près, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer; c’est un secret qui prend la bouche pour oreille. (Edmond Rostand)
*dessin de Linda Brill
Denise a toujours des idées de promenade, vous le savez comme moi. D’ailleurs, ce matin, c’est à une promenade en bateau qu’elle nous convie. Quelqu’un parmi vous aurait-il le pied marin?
Je me souviens de son visage
du village vert de ses yeux
de l’abri rapide de ses cheveux
et du sentier de sa démarche
(Michel Garneau)
Dans le matin qui s’installe, elle murmure ces vers du poète qui ne lui étaient pas destinés. Elle se glisse en eux, s’en imprègne. Les murmure encore et encore. Elle sait que pour un autre poète elle est telle que racontée dans les vers de Michel Garneau. Et elle ferme les yeux pour avec des mots qu’elle n’écrira que dans le ciel caresser son visage à distance.
*sur une toile d’Alice Goldsmith
C’est la lectrice du peintre Henry Lerolle qui a ce soir parcouru le recueil de Paul Zumthor intitué Stèles suivi de Avents, un recueil qui l’a laissée songeuse. Si bien qu’elle est restée là, le regard presque vide, imprégnée de mots, avant de m’indiquer son choix.
J’ai vidé mon sac à tes pieds
et pour ta peine tu ramasses
les morceaux désarticulés
de ce qui fut de ce qui passe
relève-toi que je t’embrasse
entre mes bras désaccordés
déjà tu fuis
mais sur la trace
jusqu’à la nuit je marcherai
jusqu’à la nuit où on trépasse
de ce long jour éternisé
sur le visage où rien n’efface
la marque rouge des baisers
J’ai dévoré Le square des héros d’Eva Kavian dont je vous ai déjà parlée ici. Dévoré, vous dis-je. Car il s’agit là d’un vrai bonheur de lecture.
Entrons d’abord dans la peau de la narratrice. Elle s’appelle Léa, c’est la fille d’Eva, qui est écrivaine, et qui est l’alter ego d’Eva Kavian. Léa a décidé de devenir une star et comme ce sont les vacances et qu’elle doit développer des compétences, elle a décidé d’écrire son premier roman comme le lui a suggéré sa mère.
« Je lui ai dit que j’avais l’élément déclencheur mais que j’allais peut-être en trouver un autre pour ne pas faire mauvaise impression sur le lecteur, comme j’étais aussi l’auteur. Écrire, c’est mentir vrai. Je ne dois pas croire que j’invente quelque chose parce que je transforme la réalité. Je ne dois pas chercher à échapper à la réalité mais essayer de la traduire avec mon regard qui est particulier puisque je suis unique. »
Tel est le ton de ce petit bijou qui se construit au fur et à mesure grâce aux conseils d’une mère écrivaine, conseils qui ne sont sûrement pas loin de ceux qu’Eva Kavian doit donner lors des ateliers d’écriture qu’elle anime. Un roman tout en finesse, tout en regards. Un roman qui parle de l’écriture, des êtres humains, des familles monoparentales, des rêves, de l’amitié, de l’amour, de la vie et même des préjugés. Une réflexion sur le monde qui nous entoure dans les yeux d’une enfant de 12 ans. Un regard d’une tendresse infinie, cette même tendresse qu’a l’auteure pour elle et dont elle parle dans un entretien qu’on peut écouter ici.
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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