Avec le froid qui sévit sur Montréal depuis hier et qui va durer quelques jours, il vaut mieux ne pas sortir si c’est possible, et rester au chaud en compagnie d’une pile de livres et d’une tasse de thé ou de café. D’où le choix de ce tableau de l’artiste Maryam Jawwad afin que vous le racontiez en vos mots, comme vous le faites si bien semaine après semaine.
Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Vous avez donc plus que le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, de les commenter si vous le souhaitez et d’écrire quelques lignes afin de faire vivre ce tableau. C’est avec plaisir que nous vous lirons dans sept jours.
D’ici là, bon dimanche et bonne dernière semaine de janvier à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
2 réponses
En cette transition récente d’une année à l’autre, alors que quelques fleurs de givre ornaient joliment mes fenêtres, et entourée de mes habituelles décorations de Noël aimées, je me suis offert une semaine délicieuse à passer douillettement en revue tous mes livres, avec pour but de ne garder que ceux que j’aurai envie de lire, de relire, ou de consulter, afin de mieux mettre en évidence ceux qui susciteraient en moi un véritable désir de (re)découverte.
Ainsi, je suis arrivée à éclaircir utilement et sans regret des rangs trop serrés, à alléger agréablement des étagères par trop surchargées. J’ai même eu la satisfaction d’arriver à vendre en trois fois une bonne partie du résultat de mon écrémage, pour une belle petite somme, le reste ayant atterri dans une boite à livres avec un succès que j’ai pu constater avec beaucoup de plaisir.
J’ai été assez impitoyable avec bon nombre de romans « feel good », qui étaient parfois de bonne facture et m’ont aidée à retrouver de la détente avant de m’endormir pendant une trop longue période de surcroît de travail, mais que j’étais sûre de ne pas avoir le souhait de rouvrir un jour.
J’ai éliminé de la même manière des livres de référence faisant double emploi.
Et le résultat a été conforme en tous points à mes perspectives. Je recommence à lire, alors que précédemment je ne savais plus par où commencer, et qu’un certain trop-plein m’avait rendue presque étrangère à la joie pourtant si puissante de la lecture.
Près de mon canapé ou de mon lit, ce sont donc maintenant des ouvrages triés sur le volet en fonction de mes goûts que j’amène près de moi, et dans lesquels je me plonge avec délectation un peu chaque soir.
J’ai évidemment gardé ma collection d’opuscules rassemblant les pensées d’Omraam Mikhaël Aïvanov à partir de ses transmissions orales. Et j’ai relu « La Terre Ronde » ainsi que « Boulevard de l’Océan » de François de Cornière, dont j’ai appris qu’il était entre-temps décédé. En collection Kid Pocket je me suis lancée dans un premier bain de jouvence avec « La maison au fond du jardin » de Guus Kuijer. Et j’ai bien sûr conservé et remis en valeur tous les tomes de « La famille Kaekebroeck » de Léopold Courouble, reliés en marron et or qui appartenaient à mon parrain, ainsi que tous les volumes de la Comtesse de Ségur reliés en maroquin rouge me venant de maman!
Que peut-elle faire d’autre qu’essayer d’être heureuse?… Si fragile, comme une colombe blessée, perdue dans un univers inconnu. Ayant pour seul royaume ses souvenirs et les quatre murs d’une chambre enjolivés de quelques traces d’une vie heureuse.
Il fut un temps où elle disait « nous » lorsqu’elle était une princesse aimée de son prince. Et dans l’intimité de son cœur, elle lui dit chaque soir, « bonne nuit », avant de s’endormir. Il y a des amours qui sont pour toujours.
La mémoire est comme une source d’eau qui jaillit, intarissable, dans l’essoufflement sourd des heures qui s’en vont rejoindre l’oubli des choses perdues à jamais. Et dire qu’une moitié d’elle n’existe que par le souvenir d’un amour perdu. L’amour n’est que la tendre mémoire de deux cœurs enlacés.
Que peut-elle faire d’autre que se faire aimer des autres, comme si elle était un ange en quête de tendresse pour briser son chagrin. Quelques chanteurs de sa jeunesse pour égayer ses journées et quelques histoires à lire, malgré ses yeux fatigués, qu’elle raconte à qui sait l’écouter.
Que pouvons-nous faire d’autre que l’aimer. Et lui dire qu’on l’aime. Qu’on l’aime. Qu’on l’aime.
Peut-être que lorsqu’elle ira retrouver son prince, elle emportera dans un coin de son cœur épuisé, le souvenir de nos larmes et de tout ce que nous sommes.