Le lecteur peint par Diego Alfonso Mas parait si plongé dans son livre qu’il ne semble pas avoir entendu la question qui vient de lui être posée. C’est du moins ce que je perçois à première vue. Mais peut-être y verrez-vous autre chose?
C’est ce que nous découvrirons dimanche prochain, à la même heure, alors que tous les textes que vous aurez déposés, poèmes ou nouvelles, seront validés en bloc afin de faire vivre en vos mots la scène livresque de la semaine.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

2 réponses
Le serveur fixait le lointain,
Un instant distrait de sa tâche.
L’homme qu’il appelait l’écrivain
Tenait à la main un ouvrage.
Lui, ici, ne pouvait se permettre,
De se saisir d’un bouquin.
Toujours il fallait s’activer.
Essuyer les tables,
Faire semblant de laver des verres.
Un instant l’homme s’était pris à rêver,
Le coeur en éveil, le regard vague.
Il se voyait devenu personnage,
Mais sans se sentir manipulé.
Au contraire, il dictait à l’auteur
Le contenu de la narration.
Il imposait son caractère,
Choisissait les situations.
Oh combien cela le soulageait
D’avoir à satisfaire
Les caprices parfois pervers
De clients pas toujours affables!
Il regardait par la fenêtre,
Sentant en lui toute sa colère
Sous un masque de civilité.
Le sang bouillait dans ses artères,
Il avait du mal à se dominer.
Lui-même sursauta,
Quand il s’entendit demander
D’un ton placide et amène:
« Je sers à monsieur un autre thé? »
On dirait presque rien
Ou alors une fine trace
Pour effacer un chagrin
Ou s’offrir de l’espace
Être ici et autre part
Ne plus faire semblant
Sur les ailes d’une histoire
Oublier le cours du temps
Pour beaucoup une absence
Le mépris ou bien la folie
Pour lui la délivrance
La plus fidèle compagnie
Pour lui plus rien autour
Plus de présent ni d’avenir
Plus la haine ni l’amour
Juste lire, rien que lire…