Lali

24 février 2013

Le saviez-vous 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 12:01

Impossible n’est pas français.
(Napoléon, 1813)

Encore une phrase célèbre dans la mémoire collective des Français! Pourtant, elle na, pas été prononcée exactement ainsi; la lettre et l’esprit…
Jean Léonard, comte Le Marois, était un Normand de Bricquebec (où il vit le jour en 1776) dans la Manche; brave devenu général, il prit part aux guerres du Consulat et de l’Empire, mais resta dans l’ombre de plus grands que lui. Un jour, il « buta » sur un problème et cru bon de s’ouvrir à Napoléon de ce qu’il ne croyait pas possible de réaliser.
L’Empereur lui répondit dans une lettre : « Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous; cela n’est pas français. »
La postérité retint seulement l’effet positif de la phrase, qui est devenue pour certains une composante du tempérament français.

Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire

*toile de Maxwell Doig

Le saviez-vous 5

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J’y suis, j’y reste.
(Mac-Mahon, 1855)

322 jours de siège… Sébastopol tenait toujours, malgré les batailles de l’Alma, de Balaklava, d’Inkerman, Le 5 septembre, 814 pièces alliées pilonnèrent pendant 72 heures, anéantissant 7500 Russes. Le 8, les zouaves de la division Mac-Mahon s’emparèrent à midi de la redoute de Malakoff, clé de la défense russe.
Marie Edme Patrice de Mac-Mahon (descendant d’Irlandais émigrés, né à Sully en Saône-et-Loire en 1808, il avait, lui aussi, commencé sa carrière en Algérie) pouvait planter le drapeau tricolore sur une éminence et féliciter ses braves zouaves.
Dans le courant de l’après-midi, un général vint prévenir Mac-Mahon de ce que le fort était sans doute miné et que les Russes allaient sûrement faire sauter l’ouvrage; il insista en demandant l’évacuation. Il ne pouvait en être question pour le général, qui répondit avec hauteur : « J’y suis, j’y reste. »
De fait, peu après, une explosion se produisit, mais sans faire de gros dégâts. Le drapeau français continua de flotter sur les ruines et le siège s’acheva enfin, après 322 jours, les troupes de Gortchakov décidant l’évacuation.

Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire

*toile de Jeff Rowland

En vos mots 307

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

N’auriez-vous pas envie de prendre la place de la lectrice imaginée par l’illustratrice italienne Paola Pezzotta? C’est possible. Entrez dans l’illustration le temps d’un poème, d’une nouvelle, voire d’une seule phrase, puisque cette image est à vous. Racontez-nous ce que vous ressentez. Inventez.

Tel est le concept d’En vos mots. Une image que je choisis à votre intention dimanche après dimanche depuis bientôt cinq ans. Vos textes pour la faire vivre. Pleins de tendresse, teintés d’humour, saupoudrés d’imagination.

Rendez-vous dans une semaine pour la validation en bloc des textes qui auront été déposés d’ici là.

Le saviez-vous 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 6:01

Paris vaut bien une messe.
(Henri IV, 1593)

L’existence d’Henri IV à ses débuts fut pour le moins remuante et les occasions de prononcer un bon mot ne manquèrent pas.
Fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, né en 1553, chef des calvinistes à seize ans, roi de Navarre à dix-neuf, échappé du massacre de la Saint-Barthélémy six jours après son mariage — au prix d’une abjuration forcée puis rétractée —, roi de France en 1589, Henri IV devait encore faire accepter sa légitimité.
La plupart des grandes villes lui échappaient, à commencer par Paris, et il lui fallait surtout pacifier le pays et essayer d’y faire reconnaître partout son autorité. Vainqueur à Arques et Ivry, il assiégea vainement Paris et Rouen. En juillet 1593, répondant au vœu de la majorité de ses sujets catholiques, Henri IV abjura définitivement le protestantisme.
Cette action, plus politique que religieuse, se trouva exprimée dans la phrase — sans doute apocryphe : « Paris vaut mieux une messe »; le comte de Brienne, pour pimenter la circonstance, écrivit l’autre version dans ses Mémoires : « Ventre-saint-gris! La couronne de France vaut bien une messe! » Ce qui a tout de même plus d’accent…

Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire

*toile de Victor Gabriel Gilbert

Le saviez-vous 3

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Noblesse oblige.
(Duc de Lévis, 1808)

La famille noble de Lévis est présente depuis longtemps dans l’histoire de France; originaire de Lévis-saint-Nom, près de Dampierre-en-Hurepoix, elle descendrait de Lévi, fils de Jacob, et serait ainsi « cousine » de la Sainte Vierge. Elle acquit de nombreux fiefs dont Ventadour, Caylus et Mirepoix.
Après Philippe, croisé avec Philippe-Auguste et Gui, homme de guerre avec Simon de Montfort, François s’illustra en Nouvelle-France et devint maréchal en 1783. Son fils Gaston, duc de Lévis, fut député aux États Généraux, émigra en 1792; il fut blessé à Quiberon et rentra après le coup d’État de Brumaire, s’abstenant de toute activité politique jusqu’à la Restauration, lorsque Louis XVIII l’appela en son Conseil privé.
Gaston de Lévis publia plusieurs ouvrages dont Souvenirs et Portraits et Maximes et Réflexions dans lequel il pouvait écrire : « Lorsqu’on est issu d’une famille illustre, l’on doit apprendre à ses enfants que, si le public est disposer à honorer en eux le mérite de leurs parents, il s’attend à en trouver les traces dans leurs descendants : noblesse oblige. »

Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire

*toile de Vincenzo Irolli

Le saviez-vous 2

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Qui m’aime me suive!
(Philippe VI de Valois, 1328)

Neveu de Philippe le Bel, Philippe naquit en 1293; à la mort du roi Charles IV, dernier représentant des Capétiens directs, se posa le problème de la succession au trône. En attendant que la reine Jeanne mette son enfant au monde, les barons confièrent la régence à Philippe, puis le désignèrent comme roi trois mois plus tard.
Il fut alors appelé au secours du comte de Flandre, en butte à la révolte de ses sujets et incapable de les maîtriser. Le 23 mai 1328, Philippe répondit avec son esprit chevaleresque et vint chevaucher en Flandre.
Les barons, q quant à eux, furent beaucoup plus réservés, trouvant trop tardif le début de la campagne. Néanmoins, le connétable Gautier de Châtillon essaya de les enflammer en criant : « Qui a bon cœur trouve toujours bon temps pour la bataille. »
Enthousiasmé, Philippe VI de Valois l’embrassa vigoureusement puis s’écria : « Qui m’aime me suive! » Ce 20 août, les rebelles étaient écrasés à la bataille de Cassel.

Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire

*toile de Kay Jackson

Le saviez-vous 1

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Et si en ce dimanche nous avions l’occasion de lire un journal qui fasse plus que nous donner les mauvaises nouvelles de l’heure? Et si ce journal avait décidé de vous poser la question Le saviez-vous?

C’est ce que le pays de Lali vous propose en ce dimanche. Dix citations extraites du livre de Gilles Henry, Le mot qui fait mouche : Dictionnaire amusant et instructif des phrases les plus célèbres de l’histoire. Pour le plaisir de retourner à la source. En commençant par celle-ci, à l’intention de la lectrice peinte par Christian Krohg :

À cœur vaillant, rien d’impossible.
(Jacques Cœur, 1449)

Jacques Cœur naquit à Bourges en 1395 d’un marchand de la place; doué d’un étonnant sens des affaires, il amassa rapidement une énorme fortune en spéculant d’abord sur les métaux précieux, puis en réinvestissant judicieusement dans le commerce avec les pays entourant la Méditerranée.
De riche, il devint puissant et célèbre, bravant même les Vénitiens sur les marchés su Levant. Quand il fut en mesure de prêter au roi lui-même, il devint son argentier, c’est-à-dire son ministre des Finances. En 1449, il prêta 20 000 couronnes à Charles VII pour financer sa lutte contre les Anglais.
Il pouvait alors, à satiété, soupirer : « À vaillant cuers, rien d’impossible», devenu : « À cœur vaillant, rien d’impossible. »
Mais la rue tourna. Jacques Cœur devint gênant; ses biens furent confisqués, il fut condamné au bannissement perpétuel, réussit à s’évader et se mit au service du pape Calixte III. Deux ans plus tard, il était tué dans une expédition menée contre les Turcs. Il faudra attendre Louis XI pour le voir réhabilité.

23 février 2013

Au pays de la poésie yiddish 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Filles de New York

Les filles dans les rues
Ondulent et se plient.
Chacune est un violon
Leurs gestes — mélodie.

Dans la beauté du soir,
Où que ton pas se risque,
Tu vois les violons
Tu n’entends que musique.

Ô violons aimés
Dans la ville si vaste,
Dès lors où que tu sois
Tu es dans un orchestre.

Avrom Raisen (1876-1953)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice d’Isolde Klaunig

La peau des doigts

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:47

Avec La peau des doigts, Katia Belkhodja signe un premier roman déroutant, suite de rendez-vous ratés, de valses-hésitations, de détours et de regards, de baisers et de belles phrases. Parce que, peut-être : « L’art, c’est mordre dans l’éphémère. » Un éphémère qui vous éblouit et vous déchire. Qui vous détrousse de vos espoirs et vous entraîne dans le métro de Montréal, dans celui de Paris, dans les rues de Casablanca. Question de suivre les deux Clelia, la grand-mère et la petite-fille, les jumeaux Gan et Frill, dont l’un est amoureux de Yourcenar, une dentiste narcoleptique et Doña l’insaisissable. À moins que ce ne soit le roman lui-même qui soit insaisissable?

Je me suis souvent égarée au détour d’une page, ne sachant plus dans quelle ville je me trouvais et en compagnie de quel personnage, emportée par la poésie des phrases et des images. Emportée aussi par le fil sans cesse cassé par cette volonté de ne laisser qu’images fugitives. Tant et si bien que le livre fermé, on a l’impression d’avoir été envoûté par une écriture le temps d’une centaine de pages. Tant et si bien qu’il reste en tête un sentiment flou, une histoire floue, et la sculpture de Brancusi de la couverture. Et si cette dernière était le fil conducteur? Et si, en voulant à tout prix comprendre, j’avais refusé de jouer le jeu de l’auteure parce qu’elle avait emprunté des chemins déroutants?

Titre pour le Défi Premier Roman

Des livres à profusion!

Filed under: Couleurs et textures,Les trouvailles de Lali — Lali @ 12:17

Des livres à profusion. Des pièces remplies de livres. Des livres qui ouvrent sur le monde. Voilà ce que propose l’illustrateur italien Andrea Musso. Pour mon plus grand plaisir. Et peut-être le vôtre.

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