Lali

26 février 2013

Au pays de la poésie yiddish 5

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Brouillard de la tribu

Brouillard où s’enrobe la nuit dans le voile de la pensée,
De chaque lanterne soudain la puissance s’est décuplée,
On n’aperçoit aucune étoile et la lune s’est éclipsée.

S’étend le brouillard qui a le pouvoir de refermer les yeux,
Le brouillard est chauve-souris qui plane, descendant des cieux,
En nous-mêmes nous nous tendons et nous marchons pliés en deux.

Grandes ailes grises mouillées dont le destin nous fit offrande,
Caravansérail de Satan — et c’est à lui qu’elles ressemblent —
Et vois mon ami : après nous plus aucune ombre qui s’étende.

Et le brouillard s’emplit de voix, de paroles, une rumeur,
Et nous sommes au paradis, autour de nous c’est le bonheur,
La pomme de la connaissance prend à nos yeux d’autres couleurs,

Effrayant, dis-tu? Le brouillard est cruellement sans mémoire,
Le bonheur ressemble à présent au couteau sacrificatoire,
Je ne le vois plus! Contre moi, plus fort et plus près, blottis-toi…

Moshe Broderson (1890-1953)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice d’Antonio Delle Vedove

Livre nécessaire?

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:39

L’enfant dont il est question dans Mon enfant de Berlin n’est nulle autre qu’Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, née à Berlin. Une enfant qui ne naîtra qu’à la toute fin de ce roman inspiré par la propre vie de sa mère, Claire Mauriac, ambulancière pour la Croix-Rouge à Béziers en 1944 puis à Berlin où elle rencontrera un prince russe qu’elle finira par épouser même s’ils sont le jour et la nuit.

Si le livre n’est pas sas intérêt, notamment à cause de l’alternance entre narration et correspondance (lettres que Claire envoie à sa mère pour la plupart), il n’en reste pas moins que le choix de l’auteure de faire de la fiction à partir de la vie de sa mère donne un roman froid, presque superficiel, dont l’écriture est somme toute assez convenue. Berlin ne sera qu’une toile de fond alors que l’occasion aurait été belle de tisser un véritable portrait de celle qu’on a découpée en quatre zones. Mais il aurait fallu pour cela une volonté de l’auteure de se livrer à autre chose qu’à l’écriture de l’histoire d’amour de ses parents.

On retiendra les migraines de Claire, ses précédentes amours déçues, le fait qu’elle a presque trente ans. On retiendra de Wiaz son goût pour l’excès, son sens de la fête et son amour fou pour celle qui devint sa princesse. On retiendra aussi le regard de leur fille quelque 60 ans après, n’osant pas s’approcher de trop près, restant dans les limites permises. On ne touche pas aux idoles.

Et on se demandera si ce livre était nécessaire. Si l’autofiction n’est pas trop à la mode en ce moment.

Les lecteurs d’Anna B.

Filed under: Couleurs et textures,Les trouvailles de Lali — Lali @ 11:56

J’aime me promener sur la toile. J’y fais sans cesse des découvertes. Ainsi, les illustrations de l’artiste italienne Anna Burighel. De quoi oublier l’hiver!

Ce que mots vous inspirent 869

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

J’aime l’idée du voyage des mots vers ceux pour qui ils ont été écrits. (Philippe Besson)

*toile de Christen Dalsgaard