Lali

25 février 2013

Au pays de la poésie yiddish 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Vie

Vie —
Étrave d’un oiseau qui fend la mer,
La mort roule en tes profondeurs
Et s’évanouit.
Un clin d’œil :
Elle fut — elle a disparu.
C’est à peine si sa surface
Se courbe et se ride,
Creuse une vague sous le vent,
Un peu d’écume se disperse et meurt,
Puis de nouveau tes milliers de flux
Se gonflent,
Et de nouveau tes vagues font rumeur
De pleurs et de rires.

Vie —
La mort n’est donc que ce clin d’œil,
Un songe orageux :
Elle fut — elle a disparu.
Toi seule, toi seule
Tu es partout, toi l’éternelle,
Herbe et arbre, terre et ciel.
C’est toi l’oiseau, qui fend l’espace.
Tu es l’homme, chair et sang,
Qui combat pour le bonheur.
Tu es l’espoir qui connaît et qui croit,
Qui referme toutes les plaies,
Qui réconforte et qui promet,
Et aussi le clin d’œil
de ce qui fut et de ce qui n’est plus
C’est toi!

Louis Miller (1889-1968)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Diren He

Tout était intact

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:04

Voilà dix ans que paraissait La déferlante d’Amsterdam, le très beau roman que Yolande Villemaire a dédié à sa filleule. C’est elle qui m’a précisé ce détail en novembre dernier quand nous nous sommes revus au Salon du livre de Montréal après bien des années sans nous voir. J’avais lu le livre à l’époque. Et comme je ne m’appelais pas encore Lali, je n’avais pas remarqué qu’il était dédié à Lali. Et j’ai eu envie de relire La déferlante d’Amsterdam, pour Amsterdam, pour Lali, pour retrouver l’émotion de ma première lecture.

Tout était intact. La beauté de cette ville aimée. Le personnage de Miliana, peintre québécoise en exil pour réfléchir, pour créer, pour se préparer à une naissance. Miliana qui sillonne la capitale des Pays-Bas et en fait surgir ses fantômes alors que la poésie se glisse en elle, se fait une place, devient l’incontournable objet et raison du séjour et des jours de celle qui a fui. Qui n’a rien dit de son départ à celui qu’elle aimait, a aimé, peut-être les deux. Qu’elle ne pense plus aimer.

Tout était intact. Les images, les couleurs, les odeurs. Comme si Miliana avait attendu toutes ces années que je la retrouve. Pour qu’elle me raconte Amsterdam, me révèle ses secrets. Comme il y a dix ans.

Tout était intact. La déferlante d’Amsterdam était, est toujours un roman bouleversant sur l’identité, le pouvoir des rêves, la beauté de la poésie. À un point tel qu’il se peut que vous ayez envie de partir pour Amsterdam. Tout de suite. Sans attendre. Pour écrire.

Dans 31 jours

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 12:58

Il n’y aura sûrement pas de bateau.
Mais il y aura des livres au rendez-vous.
Beaucoup de livres.
Dans 31 jours et quelques heures, je serai en vacances.
Espérons que l’hiver le sera aussi.
Le printemps s’est assez reposé. Il est temps qu’il reprenne du service.

*illustration de Nathalie Andrewson

Ce que mots vous inspirent 868

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

Écrire n’est rien d’autre que ça : non pas une évasion hors de la réalité, mais une tentative pour changer la réalité, de sorte que l’écrivain peut s’évader des limites de la réalité. (William S. Burroughs)

*toile de Federico Zandomeneghi