Lali

15 février 2013

Quelques poèmes du grand Albert Lozeau 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Les mots d’amour

Les mots d’amour ne meurent pas,
Ils vivent au fond des mémoires
Comme les anciennes histoires
Qu’enfants, on nous contait, tout bas.

Ils sont les souvenirs des heures
Dont les regrets sont les moments;
Parfois, ils en sont les tourments
Et blessent les âmes meilleures.

Car plus d’une, au jour des aveux,
Prenant pour témoin l’hirondelle,
Jura qu’elle serait fidèle
Et ne ferait qu’une de deux.

Elles ont trahi! Pauvres âmes,
Leur amour, c’était l’amitié…
Mais les mots d’amour, sans pitié,
Les brûlent ainsi que les flammes!

Car — tristesse! — ils ne meurent pas,
Ils vivent au fond des mémoires
Comme les anciennes histoires
Qu’enfants, on nous contait, tout bas.

Albert Lozeau, Textes choisis et présentés par Yves de Margerie

*choix de la lectrice de Lucie van Dam van Isselt

La fille du vidéoclub

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:22

« La poésie était entrée dans ma vie. Le poison s’était insinué à l’intérieur de mes vaisseaux et il n’y avait plus grand-chose à espérer. J’étais contaminé. »

C’est dans cette contamination par la poésie que réside une grande partie du plaisir que j’ai tiré de la lecture du plus récent roman de François Désalliers, La fille du vidéoclub. D’autant plus que je ne m’attendais pas à trouver dans ce roman qui met en scène Alain, un barman amoureux de Nancy, une fille qui travaille dans un vidéoclub, autre chose qu’une histoire d’amour. Pas facile, certes, parce que le barman hésite à l’aborder, étant donné qu’elle est si belle et lui si moche, mais une histoire d’amour, quoi, avec ses hauts et ses bas.

C’était sans compter sur l’imagination de François Désalliers, qui a fait ses premières armes en écrivant pour le théâtre et en se mettant lui-même en scène à l’instar d’un des personnages du roman. Mais n’allons pas trop vite. Installons d’abord l’atmosphère.

Alain, le narrateur du roman, a pensé à se suicider il y a deux ans. Il ne l’a pas fait. Mais c’est resté gravé en lui, et son psy lui a demandé d’écrire tout ce qui lui passait par la tête. Ce qu’il fait. Jour après jour. Sans conviction. Jusqu’à ce qu’il finisse par y prendre goût. Jusqu’à tout change pour lui. Parce que Nancy est entrée dans sa vie. Parce qu’il fréquente un groupe qui le motive. Parce que la poésie de Césaire est venue illuminer ses jours. Puis celle de Baudelaire. Qui prend de plus en place et à laquelle il s’identifie.

Alain change. Alain est amoureux. Alain est amoureux d’une femme et amoureux de la poésie. Toutes deux lui deviendront indispensables.

François Désalliers a tissé pour ses lecteurs, les fidèles comme ceux qui le découvriront grâce à ce livre, un roman qui étonne. Vraiment. Qui, en effet, aurait pu prédire que le personnage principal, qui loue des films où les filles ne sont que rarement vêtues, allait devenir un fou de poésie? Pas moi. Et tant mieux. Car c’est ainsi que j’ai pris tant de plaisir à livre ce roman qui n’a cessé de me surprendre et qui m’a donné le goût de relire Baudelaire.

Le paradis en un coup d’œil

Filed under: Couleurs et textures,Les trouvailles de Lali — Lali @ 12:22

Oui, le paradis. C’est ce qu’évoquent pour moi ces bibliothèques imaginées par Jeremy Miranda, artiste originaire du Rhode Island qui vit désormais dans le Massachusetts. À deux pas de la mer.

Ce que mots vous inspirent 862

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

Les mots sont toujours plus poétiques que les choses.(Alphonse Daudet)

*illustration de Grace Easton