Lali

9 décembre 2007

Il a suffi qu’un jour

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:49

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Elle n’avait jamais été belle. Jolie, peut-être, de temps à autre. Mais jamais belle. Belle de cette beauté qui fait tous les regards se tourner. Belle parce qu’il se dégage d’elle ce je-ne-sais-quoi qu’elle n’a pas. Belle, tout simplement.

Elle était de celles à qui on dit Tu as une jolie bouche, Le bleu de tes yeux est magnifique, Cette robe te va à ravir. Mais jamais Tu es belle. Même ceux qui ont embrassé ses lèvres n’avaient jamais eu ces trois mots, mais toujours les autres. Si bien qu’elle avait fini par le croire.

Il a pourtant suffi qu’un jour celui-là qui l’aime et qu’elle l’aime voit ce que les autres ne voient pas. Avec les yeux du cœur, comme le chantait Gerry Boulet. Et pour celui-là, la lectrice d’Édouard Vuillard est devenue belle. Vraiment. Et tant pis s’ils ne sont que deux à le croire.

Lectrices de tissu et de papier

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:26

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Elles sont faites de tissu et de papier. Elles ont la grâce des objets qu’on a pris le temps de modeler avec passion. Mon amie Géraldine qui, en plus de réaliser de magnifiques photos, possède des doigts de fée, sera en mesure d’apprécier le travail de Virginie Teurbane. C’est donc à elle que je dédie ces lectrices. Ce qui ne nous empêche pas d’admirer le travail!

Meuble de rêve

Filed under: Images indélébiles — Lali @ 20:14

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Rien de tel que la toile pour faire des découvertes. Celle-ci, entre autres. Une très jolie publicité invitante annonçant Une table à écrire dans chaque maison. Exactement le genre de meuble dont j’ai toujours rêvé, avec ses petits casiers pour ranger les enveloppes et les feuilles, des tiroirs pour les timbres, l’encre, les attache-feuilles, et bien entendu la tablette qu’on rabat pour faire de l’utilitaire du décoratif. Le rêve!

Je me rappelle ce jour de l’été 1997 où je suis allée aux puces de Saint-Ouen. Il serait trop long – et sûrement fastidieux – de faire la liste de tous les trésors que j’y ai vus. Clavecin, porcelaine de Limoges, premières éditions de certains livres, 78 tours et partitions, pour n’en nommer que quelques-uns. Et un secrétaire à abattant, très semblable à celui qu’on voit ici. Je suis restée à le caresser des yeux avant de l’examiner. Le rêve. Il existe. Je l’ai vu un jour de juillet. Peut-être qu’ailleurs, un jour, il sera à nouveau là, à m’attendre.

En vos mots 35

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

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Dans quelle ville vit-elle? Quel livre lisait-elle avant de le laisser ouvert sur ses genoux? Est-il possible qu’elle attende l’arrivée de quelqu’un? À moins qu’elle ne soit tout simplement en train de rêver?

Voici quelques pistes, quelques idées pour la toile de ce dimanche, afin que vous la racontiez à votre manière et selon votre inspiration, comme certains en ont l’habitude.

Mais il y a de la place pour d’autres écrits, pour d’autres auteurs. Pas besoin d’une longue histoire. Ça peut être quelques vers, les vôtres comme ceux d’un de vos auteurs préférés. Une citation. Un bout de chanson qui vous semble coller à la toile. Peu importe. La toile d’Hans Olaf Heyerdahl est là pour vous et pour vos mots.

Laissez-vous tenter! En vos mots est votre lieu de création. Dimanche après dimanche.

Bonne semaine et bonne inspiration!

Les rapaces

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:31

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Ça ne leur a pas suffi de le faire passer pour fou et de le faire interner. Non, ce n’était pas assez. Il a fallu que les rapaces fouillent ses livres, cherchent des traces pour dire à autrui comment il était, ce qu’il écrivait dans la nuit. Et s’il le faut, ils ouvriront tous les tiroirs, ils secoueront les livres un à un. Pour se donner bonne conscience. Il avait perdu les pédales. Il fallait bien faire quelque chose. Voyons.

Comme ils sont pathétiques, les fouille-merde peints par John Watkins Chapman. Leur vie est si peu intéressante qu’ils ont besoin de celle des autres pour avoir quelque chose à raconter.

Ils me font penser à certains vautours que j’ai connus qui, lorsqu’ils en ont fini avec un cadavre, continuent de voler au-dessus de lui pour s’assurer que les restes n’intéresseront personne.

Au fait, ces prédateurs ne sont pas toujours des oiseaux.