Lali

7 décembre 2007

La première lettre

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 23:40

kennington 1

Il y a des lettres qu’on lit et relit sans cesse. Des mots dont on ne lasse pas, dont on se lassera jamais. La lectrice de Thomas Benjamin Kennington le sait, elle qui, soir après soir, relit la même lettre, en prenant soin de ne pas la froisser avant de la ranger dans un grand cahier pour qu’elle ne s’abîme pas. Elle sait, elle qui se nourrit des mêmes mots depuis des mois, malgré toutes les lettres reçues depuis. Mais celle-là était la première. La première de toutes celles qui se terminaient par les mots qui terminent toutes ses lettres. Des mots qu’on devine à regarder son visage. Des mots qui n’appartiennent qu’à elle, qu’à eux.

Elle existait

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:50

tfs2

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Elle existait. Il en avait l’intime conviction, l’inaltérable impression. Oui, elle existait, même si pendant longtemps elle n’avait lu allongée que dans son imagination. Jusqu’à ce que la lectrice de Tavik Frantisek Simon ait enfin un visage. Pas juste une pose alanguie. Pas juste un décor. Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus une idée.

Elle existait. Il savait, il l’avait toujours su. En espérant qu’un jour ou l’autre elle serait là.

Elle existe. Il connaît le goût de sa bouche. Et elle a bien cette pose pour lire.

Ailleurs que dans les livres

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 8:28

lega

Il y a longtemps qu’elle y pense. Il y a longtemps qu’elle y rêve.

Car il y a un moment que les livres ne lui suffisent plus et qu’elle se dit qu’elle pourrait un jour vivre, elle aussi, une vie comme il en existe dans les livres qu’elle lit. Et la lectrice de Silvestro Lega se met à rêver, à se projeter dans une possible vie dont elle ne serait pas la spectatrice éblouie mais l’héroïne.

Oui, aujourd’hui, quelque chose a changé. La lectrice se prépare à vivre ailleurs que dans les livres. Et je crois qu’elle est infiniment heureuse. Du moins, j’imagine qu’elle l’est.

Le temps de relire quelques vers

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 0:56

mercier

Elle a allumé au cœur de la nuit. Pas longtemps. Le temps de relire quelques vers. De tenter de les retenir. La lectrice de Philip Mercier ne pourra dormir qu’après, quand elle sera en mesure de les dire à celui qu’elle aime. Dans une heure, peut-être moins.