Lali

1 décembre 2007

Il pourra enfin écrire

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:55

mac ryde

Il voudrait bien en finir avec son chapitre. Mais rien ne vient. L’écrivain de Nathan Mac Ryde a l’esprit ailleurs. Pourtant, ce n’est faute d’avoir essayé. Il a même écrit une phrase, puis deux. Et il a tout raturé. Elles ne valaient rien à ses yeux. Et puis, elles ressemblaient aux paroles d’une chanson de Daniel Guichard qui traîne dans sa tête comme le plus envahissant des constats :

Mais après tout je m’en fous car moi je sais …

Qu’à part tes yeux je n’ai confiance en rien
Pour avancer même en serrant les poings
A part tes yeux je ne crois plus en rien
C’est avec toi que je suis toujours bien.

A part tes yeux je n’ai confiance en rien
Quand tu souris j’en suis sûr et certain
Qu’à part tes yeux il n’existe plus rien
Tu es ma vie, tu es mon seul soutien.

Et les mots tournent, se retournent sur eux-mêmes. Dans une spirale sans fin. Il voudrait les faire taire pour trouver les siens qui se dérobent à lui. Mais ça lui est impossible.

Il ne lui reste plus qu’à se lever et qu’à écouter la chanson. Et ainsi retrouver les notes. Car il sait très bien que c’est ça qui le turlupine. Avoir les mots mais pas l’air… Et qu’après, il pourra enfin écrire.

Doux rêves

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:24

wiestling 3

Rêver, c’est dormir avec des illustrations dans le texte.
[Eugenio d’Ors Y Rovira]

Et c’est sûrement ce qui est arrivé à la petite lectrice de Morgan Wiestling. Au bout de quelques heures, le sommeil est venu et elle s’est endormie sur une image. Peut-être rêve-t-elle à un cheval blanc qui traverse un champ? À un chevalier sur ce cheval? Peut-être est-elle devenue le temps de son rêve celle vers qui il galope?

Peu importe. Elle a le sourire de celles qui font de doux rêves…

le thé refroidit dans la tasse

mina

le thé refroidit dans la tasse
et je pense à une phrase de Félix Woldenberg
qui disait à Sophie
dans un livre de Neuhoff :
« j’aime bien me trouver la nuit avec toi »
le thé refroidit dans la tasse
et la nuit se fait sur le boulevard
et j’aimerais bien
qu’on me dise cette phrase

(mai 1990)

*toile tirée de Mina’s Gallery

La lectrice à la robe rouge

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 18:52

cardelli

Où va-t-elle ainsi, dans sa robe rouge? Là-bas, à l’autre bout du monde? Va-t-elle visiter des amis ou retrouver celui qu’elle aime? À moins que ce ne soit un voyage d’affaires qui la mène à une heure de chez elle? Difficile de percer le secret de la lectrice de Maria Cardelli. On ne sait d’elle qu’une robe rouge, un avion qui va éventuellement l’emmener ailleurs, un livre ouvert dont on ne connaît pas le titre. Et pourtant. Je crois qu’on ne porte pas une robe rouge pour un rendez-vous d’affaires. Mais c’est connu, j’ai souvent tout faux.

Elle n’a rien remarqué

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 18:36

rebout

Elle tourne les pages depuis des heures. Tout ça pendant que je me promène dans ma galerie depuis des heures, moi aussi. Comme c’est toujours le cas, la veille de l’installation de la nouvelle toile pour cet En vos mots qui est à vous chaque dimanche depuis des mois. Cet espace qui m’est cher parce qu’il est un lieu de création, le vôtre. Cet espace qui existe parce que quelqu’un qui se reconnaîtra m’a inspiré l’idée de vous donner la liberté de créer vous aussi. Peut-être sans s’en rendre compte. Mais il n’en est pas moins que sans lui, la catégorie En vos mots n’existerait pas. Je le remercie donc pour l’idée et pour avoir toujours été présent depuis. Et je remercie aussi Flairjoy qui, elle aussi, n’a raté aucun de nos rendez-vous dominicaux. Et tous les autres qui viennent ponctuellement se laisser inspirer. Eux aussi se reconnaîtront.

Et la lectrice de Jacqueline Rebout continue de tourner les pages. Elle n’a même pas remarqué que j’écrivais. Ni levé la tête pendant que je faisais mon tour dans ma galerie. Elle n’a même pas remarqué qu’elle est maintenant au pays de Lali tant elle est prise par son livre. Les lectrices sont des êtres curieux, finalement.

Cette voix au loin

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:59

patricny1

Elle ne lit pas. La lectrice de Johan Patricny écoute cette voix au loin qui lui chante les mots de Lama et de Cocciante. Et elle est heureuse. Vraiment. On ne peut qu’être heureuse quand on entend ces mots :

Tu m’as dit des mots d’amitié
L’amour s’est glissé en moi
Avec simplicité
De tout petits mots parfumés
D’oiseaux sont tombés du ciel
Avec simplicité
Je ne crierai plus au secours
Le chagrin d’hier tourne court
C’est toi qui l’as tué
Avec simplicité

Et je sais très bien désormais
Pour qui j’ai envie de chanter
Tu me quittes une heure je suis mort
Je n’ai plus ni cœur ni corps
Je suis désenchanté
Par une ombre aux yeux de soleil
Qui a cambriolé peu à peu
Presque tout mon sommeil
Avec simplicité

Il y a ton orage dans l’air
Il y a ton sourire sur la mer
Il y a ton éclair ton électricité
Je t’emporte dans ma chanson d’amour
Inventée pour toi
Avec simplicité
Mes copains rient de ma chanson
Mais moi mon copain c’est toi
Contre le monde entier
Qu’ils aillent à la fête sans moi
Car la seule fête pour moi
C’est seulement de t’aimer
Avec simplicité

Car je sais très bien désormais
Pour qui j’ai besoin de chanter
Je n’existe plus quand tu sors
J’ai toute ma vie dehors
Je suis désenchanté
Par une ombre au cœur qui sommeille
Qui a cambriolé peu à peu
Presque tout mon soleil
Avec simplicité

Il y a ton sourire doux-amer
Cette eau pure au cœur du désert
Il y a chaque nuit sur tes lèvres
Cette éventualité
Cette prison dorée
De ta simplicité