Lali

2 décembre 2007

Dans dix ans, dans vingt ans

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 21:30

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Ils peuvent rester des heures ainsi. Côte à côte. Il lui dicte quelques phrases. Ou il arrive avec des pages et des pages qu’elle dévore illico ou quand il est reparti. Et elle rature, corrige deux ou trois fautes parce que l’écrivain écrit trop vite et oublie parfois de bien accorder un verbe. Ou alors, elle suggère qu’il ajoute là tel adjectif, tel point d’exclamation, qu’il retranche la fin d’une phrase, qu’il aille plus loin, toujours plus loin. Et il la regarde. Elle est toujours tellement belle quand elle le lit. Elle est tellement bouleversante quand elle est sérieuse et appliquée.

Et il lui dit merci. Dix fois. Vingt fois. Et elle le regarde, ahurie. Il faut vraiment tout lui dire. La muse peinte par Jean Béraud est patiente. Amoureuse. Et elle croit en lui. Et elle lui dit tout ça. Dix fois. Vingt fois. Et lui dit qu’il n’a confiance qu’en elle, qu’en son jugement, qu’en sa relecture appliquée. Et encore une fois, elle le regarde. Et elle lui dit merci pour la confiance qu’il a en elle. Dix fois, vingt fois. Et peut-être qu’elle caresse sa main et qu’il la porte à ses lèvres. Qu’il lui glisse un mot doux à l’oreille.

Et peut-être que ça dure depuis dix ou vingt jours. Peut-être même dix ou vingt mois. Et que, dans dix ou vingt ans, elle aura quelques rides au coin des yeux, sa vue à lui aura faibli, mais que pour le reste tout sera identique, inchangé, sauf peut-être la couleur des murs. Et encore, ce n’est pas sûr.

Tous les dimanches

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:59

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Elle s’est allongée pour lire, le corps humide. Des gouttes d’eau glissent sur sur dos. Et elle ne lit plus.

Tous les dimanches, elle pense à ce dimanche où il a lavé ses cheveux avec application, avec tendresse, si bien qu’ils ne seront jamais plus beaux que ce jour-là, qu’elle ne sera jamais plus belle que ce dimanche où il a démêlé sa chevelure en la regardant si amoureusement. Si bien que de penser à ce moment à jamais inscrit l’empêche de faire autre chose que de ressasser ce moment pour la millième fois.

Et tous les dimanches, jusqu’au dernier, la lectrice d’Alfred Rozelaar Green pensera à ce dimanche entre tous, à celui qui était là et qui ne quittera jamais son cœur.

Moment magique de fin d’automne

Filed under: Vos traces — Lali @ 8:36

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Ces photos prises par Denise ont à peine quelques heures. Pour retenir ce moment magique de fin d’automne avant que l’hiver ne coule sur nous. Des images si paisibles et si calmes qu’on resterait là, à les regarder, sans bouger.

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Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 7:59

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Pour ce nouvel En vos mots, non pas une toile, mais deux. Parce qu’elles se répondent. Parce qu’elles mettent en scène les mêmes lecteurs. Lisant. Sommeillant, les livres fermés.

Parce que, peut-être, une des deux toiles de Joseph Lorusso vous inspira plus que l’autre. Ou pour les faire se répondre. À vous de voir.

Comme tous les dimanches, la catégorie En vos mots est là pour vous. Pour vos histoires, pour votre imagination. Et ce pendant sept jours. Jusqu’à ce qu’une nouvelle toile vienne remplacer celles d’aujourd’hui.

En espérant que celles-ci auront quelque chose à vous raconter.

Bon dimanche et bonne semaine!

Regard amoureux sur Lisbonne

Filed under: Images indélébiles,Signé Armando,Vos traces — Lali @ 7:11

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Début octobre. Lisbonne. La ville natale d’Armando commençait à s’animer alors qu’il la regardait amoureusement par la fenêtre. Cette ville qui ne le quittera jamais et à qui il dédie un magnifique billet sur du bleu dans mes nuages que je vous invite à aller voir et à commenter. Les photos qu’il a réalisées donnent envie de partir là-bas illico. Où est ma valise?

Ce drôle d’accent que j’avais

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 7:00

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J’ai envoyé hier à quelques personnes une chanson de Blossom Dearie (que j’adore) auxquels j’avais joint quelques mots dont voici un extrait :

“Et parlant d’oreilles, sachez que j’adore les accents.
Il n’y a rien de plus joli qu’un JE T’AIME en français prononcé par quelqu’un dont ce n’est pas la langue maternelle.
Idem pour ceux et celles qui chantent en français avec un accent succulent.”

Auquel s’est ajoutée une question de Denise :
Lali, j’adore aussi les accents et je me suis toujours posé la question si toi et Denis aviez l’accent canadien ?

Auquel s’ajoute un commentaire de Reine :
Question que je me pose souvent ! Nous nous lisons sans nous entendre !
Il m’est arrivé de m’entendre dire en province, en région doit-on dire maintenant… mais le mot province sonne plus joliment ! : « On entend que tu es parisienne… à ton accent »
Je parle plus vite que cette amie née au bord de la paisible Loire !
Et alors Lali, Denis, vous avez l’accent québécois ? Denise, tu as l’accent suisse ? Armando, l’accent belge ? et Géraldine, l’accent auvergnat ? Flairjoy ? Jean-Claude, BelleSahi, Clémentine, Cath avec et sans Grain de sel, et les autres… Quel accent avez-vous ?
Je m’arrête, mais faisons une liste de nos mélodies qui forment un si un joli chœur !!

Ai-je l’accent québécois? Peut-être un peu, sûrement. Carine, Armando et Jean-Claude pourraient sûrement vous dire quelle sorte d’accent j’ai ou je n’ai pas. Parce qu’on m’a souvent dit que j’avais un accent d’ailleurs, indéfini, international, comme si ma voix avait avalé tous les accents de mes amis pour que je trouve ma propre voix. Dirai-je un jour comme dans une chanson que j’affectionne Ce drôle d’accent que j’avais, moi qu’on a prise pour une Belge, à Paris, il y a 25 ans? Moi à qui on dit parfois que je ne suis pas d’ici. Qui sait?

Et vous, quel accent avez-vous? Comment le définiriez-vous? Jolie question que soulève Reine, alors que je nous imagine parfois autour d’une table, ou dans un marché aux livres ressemblant à celui de la toile de Malie Baehr. Avec nos accents qui se mêlent et qui disent l’amitié.