Sur les traces de Pessoa 1
Voilà un moment que je voulais laisser à l’intention des lectrices du soir Poèmes païens de Fernando Pessoa. C’est donc la lectrice de Colette Levine qui a eu le privilège d’être le première à aller ici et là dans les pages du livre. Avant de repartir dans la nuit en laissant ouvert le livre sur ces mots :
L’amour est une compagnie.
Je ne sais plus marcher tout seul sur les chemins,
Parce que je ne peux plus marcher tout seul.
Une pensée visible me fait marcher plus vite
Et voir moins, et en même temps être bien content d’aller en voyant tout.
Même l’absence de celle que j’aime est une chose qui se trouve en moi.
Et moi je l’aime tant que je ne sais comment la désirer.
Si je ne la vois pas, je l’imagine et je me sens fort tel les arbres élevés.
Mais si je la vois je tremble, je ne sais ce qu’il est advenu de ce qu’en son absence je ressens.
Tout entier je suis une certaine force qui m’abandonne.
La réalité entière me regarde comme un tournesol, et en son centre il y a son visage.