Lali

6 avril 2013

Les poèmes de Silvina 5

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Vœu

Je veux d’autres ombres d’or, d’autres palmiers,
d’autres vols d’oiseaux étrangers,
je veux des rues distinctes, dans la neige,
une boue différente lorsqu’il pleut;
je veux l’ardente odeur d’autres bois;
je veux un feu aux flammes singulières,
d’autres chansons, d’autres aspérités,
qui ne sauraient rien de mes tristesses.

Silvina Ocampo, Poèmes d’amour désespéré

*choix de la lectrice de Régine Maignan

Histoires de pères

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:08

Quand le narrateur, ancien journaliste et maintenant biographe sur demande, accepte d’écrire les souvenirs du résistant Tescelin Beuzaboc, il ne sait pas à qui il a affaire sinon qu’à quelqu’un qu’il a croisé lors de funérailles, notamment celles de son père, et à qui il n’a jamais adressé la parole.

Or, l’homme, qui fêtera bientôt ses 84 ans, a bien voulu se plier au jeu. Sa fille Lupuline y tient tant, elle qui, soir après soir, pendant des mois, a écouté avec passion les aventures de son père, d’une tombe fleurie à un soldat allemand tiré en passant par une explosion qui lui a laissé une jambe sérieusement amochée. Elle qui, depuis des années, l’accompagne aux funérailles.

Or, si le père du narrateur était un résistant, un de ceux dont on trouve la trace dans les livres, dans les musées et dans des articles de journaux de l’époque, il n’en est pas de même pour Beuzaboc, lequel semble s’être inventé une vie pour obtenir l’admiration de sa fille.

Or jusqu’où faut-il aller au nom de la vérité? Peut-on, à 84 ans, avouer qu’on a menti?

C’est ce que raconte La légende de nos pères de Sorj Chalandon. Mais aussi ce que le narrateur n’a jamais pris le temps de faire, à savoir écouter son propre père et prendre en note son témoignage. Pour lui-même. Peut-être
aussi pour la postérité. En lisant ce que Lupuline avait écrit dans un cahier alors qu’enfant elle se nourrissait des aventures de son père, en faisant parler le vieil homme, c’est lui-même qu’il retrouve, cet homme qui, après la disparition de son père, a cherché des traces de celui qui s’était tu depuis longtemps.

En écrivant l’histoire d’un autre père, c’est au sien qu’il rend hommage.

Roman habilement construit, où mensonge et vérité ne cessent de s’affronter dans un combat dont l’issue pourra surprendre, La légende de nos pères tient le lecteur en haleine du début à la fin tout en soulevant la question entourant les raisons qui poussent à l’admiration. L’héroïsme ou la vérité? À chacun de répondre.

Les sculptures de Vincent

Filed under: Couleurs et textures,Les trouvailles de Lali — Lali @ 12:59

Entrer dans l’univers de Vincent Maillard, c’est découvrir des scènes livresques comme celles-ci et encore plus!

Titina, l’autre chanteuse du Cap-Vert

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 9:12

Il y avait si peu de place pour elle. Il est vrai que Cesaria Evora en prenait beaucoup. Titina n’était pourtant pas moins talentueuse que son aînée comme le prouve Portrait, paru en 2012 qui réunit des titres des années 60 et 70 d’une part et ses succès des vingt dernières années d’autre part. Le résultat est un album sympathique et entraînant qui nous montre une artiste qui sait jouer de nuances et faire corps avec les chœurs. Vous ne vous lasserez pas.

Voici donc Marchia de Oriundo :

et Alô, Alô São Vicente :