
C’est ainsi qu’Armando a décidé de nous souhaiter à tous un 1er mai festif. Non sans m’expliquer la technique nécessaire pour réaliser une telle photo. Une entreprise qui n’est pas donnée à tous, a-t-il dit.
Il faut d’abord se procurer un papillon qui est dans sa papillote. Et puis, on commence à le dresser dès sa naissance en lui parlant en anglais comme dans les films de Spielberg, puisque le cinéma nous a montré que les dinosaures et les extraterrestres comprennent très bien cette langue. Il faut le laisser voler dans la maison, mais surtout ne jamais passer l’aspirateur à ce moment-là, surtout si on est maladroit. Puis, on lui apprend à se poser sur l’épaule, comme le perroquet le fait sur celle du pirate, et on l’emmène au grand air pour sa première promenade. Et on le laisse voler à sa guise en lui conseillant de ne pas rentrer trop tard – il pourrait devenir un papillon de nuit. Et quand il décide de se reposer un peu sur une feuille, on crie de sa voix de stentor : Attention, papillon méchant, ne bougez pas! Et comme le papillon a peur, c’est le moment ou jamais de faire clic clic. Quand le papillon se rendra compte que vous lui avez joué un jour, il va peut-être vous tirer la gueule. Mais comme le papillon est aussi philosophe, il se dira que certains restent toujours de grands enfants, alors que d’autres deviennent des crétins.