
Malgré un belle idée, une écriture claire et sans fioritures inutiles, Maryse Lamigeon ne réussit guère à nous émouvoir avec Nue, le temps d’un pose, qui relate les 18 ans de la narratrice alors qu’elle avait quitté Montpellier pour Strasbourg dans un seul et unique but : devenir peintre.
Ce n’est pas que l’auteur ne sache pas raconter ni qu’elle ne sache camper des personnages ou décrire des lieux, mais il y a là une accumulation de clichés qui finissent par lasser, sinon agacer. Et pourtant, toute la partie où elle apprend à vaincre sa pudeur, à s’abandonner, à se laisse regarder nue et même examiner au profit de l’art est très réussie. Vraiment.
Mais quand elle tombe amoureuse d’un sculpteur à la beauté dévastatrice qui a choisi de faire d’elle sa muse, j’ai eu un peu de mal à suivre. Même si l’auteure sait exprimer la naissance et la violence des sentiments. Ou plutôt j’ai tout de suite su que ça allait mal finir.
C’est donc mitigée que j’ai fermé Nue, le temps d’une pose. Avec l’impression d’avoir lu, d’une part, un très beau roman sur la naissance d’une artiste auquel s’est greffé un roman d’amour sans intérêt. Autrement dit, une demi-réussite.