Le carnet de Montréal 1
La lectrice du peintre Vincent Giarrano n’a pas touché aux livres sur la table. Elle a préféré faire le tour des tablettes une à une, question de trouver elle-même un recueil de poèmes qui allait lui plaire et qu’elle allait laisser là pour les lectrices des prochains soirs. Et c’est ainsi qu’elle s’est arrêtée sur le recueil de poèmes en prose de l’écrivain d’origine belge Carl Norac intitulé Le carnet de Montréal duquel elle a tiré le texte qui ouvre le recueil :
15 mai
N’attends rien des rêves, voyageur. Les rêves jamais ne t’attendront. Mais ne rejoins pas pour autant le côté obscur. La lumière, même diffuse, même tombée du cou, répudie rarement celui qui, en frôlant l’ailleurs, lui déshabille les songes et lui ôte les sangles.