Poèmes comme ça 1
Commencement
J’en ai assez d’écrire en prose
c’est vraiment trop déprimant
de rester égal à soi-même
en alignant des mots savants.
Si je commence un poème
je découvre le bonheur vrai
de ne jamais être obligé
de poursuivre la chanson.
Bien au contraire il faut rester
toujours au commencement
la poésie n’étant jamais
que ce qui ne va pas plus loin.
Une histoire bien sûr
mais qui ne se déroule pas
et nous laisse au bord d’un jour
sans savoir ce qui va
peut-être s’éclairer
parce que c’est la naissance
de ce qui ne fut jamais dit
et ne le sera jamais
rien qu’une lueur première
éblouissante et foudroyante.
André Dhôtel, Poèmes comme ça
*choix de la lectrice de Cayetano de Arquer Buigas