Lali

9 avril 2007

Le rituel du thé

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 17:21

robert spencer

C’est un rituel. Avant même de choisir un des nombreux magazines qui traînent sur la table du salon ou le livre commencé, il lui faut faire du thé. Elle ne peut lire sans sa théière à côté d’elle. Et si on lui demandait la raison de cette habitude et depuis combien de temps cette pratique est la sienne, elle serait bien embêtée. En effet, la lectrice de Robert Spencer n’est pas qu’une passionnée des mots, c’est aussi une dégustatrice de thé. Et ce, depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne.

Si elle était née un siècle plus tard, je l’inviterais à aller voir les théières plus fabuleuses les unes que les autres et à lire les anecdotes concernant le thé sur Teapots teapots teapots. Je crois qu’elle aimerait et que tous ceux qui aiment le thé aimeront.

Le dernier jour des vacances de Pâques

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:54

antoine vincent

C’est le dernier jour des vacances de Pâques et ils sont là, sages, chacun des deux dans un livre. Peut-être sont-ils en train de digérer tout ce chocolat englouti depuis la veille comme s’ils n’en avait jamais vu autant ?

J’aime plutôt imaginer que les lecteurs peints par Antoine Vincent, quand ils ont réalisé que demain ils retournaient à l’école, se sont précipités sur les livres qu’ils voulaient lire durant ces quelques jours qui ont passé trop vite entre d’autres jeux, les amis, les visites. Et même que c’est devenu un besoin pressant. Qu’ils ne seraient satisfaient de leurs vacances que s’ils avaient lu. Et c’est ce qu’ils font, avec bonheur.

La vie en rose

Filed under: Sur grand écran ou sur scène — Lali @ 15:36

lavieenrose

Je ne savais pas trop que penser de La vie en rose du cinéaste Olivier Dahan, quand je suis sortie de la salle, sinon que j’étais consciente d’avoir eu droit au jeu exceptionnel d’une belle brochette d’acteurs en commençant par Marion Cotillard qui incarne une Piaf dont on se souviendra.

La vie de la Môme n’est qu’un mélodrame, je le savais par le – trop – peu que j’ai lu au fil des années. Mais j’aurais dû mettre mes pendules à l’heure avant d’aller voir le film, car j’ai la nette impression que j’aurais profité bien plus du film si j’avais eu les détails majeurs de la vie d’Édith Piaf à l’esprit.

Le choix de Dahan d’user de flaskbacks complexifie les choses. Le choix aussi d’éliminer les Montand, Moustaki, Aznavour et autres, car chronologiquement ce sont pour ceux qui ne connaissent pas bien Piaf des points de repère.

Mais je comprends son choix, après coup, maintenant que j’ai lu sur le film. Olivier Dahan s’est attaché à mettre de l’avant ceux qui ont compté pour Piaf et non sur pour qui Piaf a compté.

Si on accepte la donne, peut-être arrivons-nous à saisir un peu ce qu’a été Piaf. Peut-être arrivons-nous à être touchés en dehors du côté tire-larmes de la production. Car rien pour elle n’a jamais été facile. Rien. Et c’est cela qu’on retient. Comme on retient aussi qu’elle a eu un grand amour dans sa vie.

C’est donc le jeu des acteurs qui retient toute notre attention. C’est par cela que nous sommes éblouis. Et bien sûr, par ces chansons que nous reconnaissons dès les premières notes.

Qui veut tout savoir de Piaf ne trouvera pas son compte en allant voir La vie en rose. Qui, par contre, n’a pas cette envie et veut se laisser emporter par le côté expressionniste des choses risque de passer un bon moment. Moi? Je reste mitigée. Comblée uniquement par le jeu des acteurs. Agacée par le drame en continu.

Le café désert

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 14:06

robin cheers 1 robin cheers 2

Ça n’arrive plus souvent, mais ça arrive encore. Une image qui remonte à la gorge et qui étouffe. La première a surgi ce matin quand elle a passé l’aspirateur et qu’elle a changé les draps. En tapotant les oreillers et en les disposant contre le mur, plus précisément. C’est son geste à lui qu’elle a vu, celui qu’il avait pour installer les oreillers derrière lui quand ils mangeaient au lit. Et ses yeux sont devenus troubles. On n’oublie pas aisément.

Elle s’est appliquée à récurer la salle de bains pour que le souvenir disparaisse. Et peu à peu, elle a pu respirer à nouveau. Calmement, sans que son cœur ne batte la chamade.

C’est quand elle a fait du café, un peu plus tard, que le manège a recommencé. Elle était là devant la machine, elle allait verser l’eau, quand elle a senti un regard sur sa nuque. Fort, si fort, qu’elle s’est retournée. Mais ce n’était là qu’un souvenir.

Elle a tout laissé en plan, la fin du ménage comme le café. La lectrice de Robin Cheers a mis son manteau. Elle a marché deux ou trois kilomètres, peut-être davantage. Jusqu’à ce que l’étau qui lui barrait la poitrine ait perdu de son intensité. Puis, elle est entrée dans un café désert, a commandé un cappuccino et a sorti un livre de son sac.