Lali

5 octobre 2012

Émaux et camées 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

Tristesse en mer

Les mouettes volent et jouent;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l’air.

Le jour tombe; une fine pluie
Éteint les fournaises du soir,
Et le steam-boat crachant la suie
Rabat son long panache noir.

Plus pâle que le ciel livide
Je vais au pays du charbon,
Du brouillard et du suicide;
– Pour se tuer le temps est bon.

Mon désir avide se noie
Dans le gouffre amer qui blanchit;
Le vaisseau danse, l’eau tournoie,
Le vent de plus en plus fraîchit.

Oh ! je me sens l’âme navrée;
L’Océan gonfle, en soupirant,
Sa poitrine désespérée,
Comme un ami qui me comprend.

Allons, peines d’amour perdues,
Espoirs lassés, illusions
Du socle idéal descendues,
Un saut dans les moites sillons!

A la mer, souffrances passées,
Qui revenez toujours, pressant
Vos blessures cicatrisées
Pour leur faire pleurer du sang!

À la mer, spectre de mes rêves,
Regrets aux mortelles pâleurs
Dans un cœur rouge ayant sept glaives,
Comme la mère des douleurs.

Chaque fantôme plonge et lutte
Quelques instants avec le flot
Qui sur lui ferme sa volute
Et l’engloutit dans un sanglot.

Lest de l’âme, pesant bagage,
Trésors misérables et chers,
Sombrez, et dans votre naufrage
Je vais vous suivre au fond des mers.

Bleuâtre, enflé, méconnaissable,
Bercé par le flot qui bruit,
Sur l’humide oreiller du sable
Je dormirai bien cette nuit!

… Mais une femme dans sa mante
Sur le pont assise à l’écart,
Une femme jeune et charmante
Lève vers moi son regard,

Dans ce regard, à ma détresse
La Sympathie à bras ouverts
Parle et sourit, sœur ou maîtresse,
Salut, yeux bleus! bonsoir, flots verts!

Les mouettes voient et jouent;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l’air.

Théophile Gautier, Émaux et camées

*choix de la lectrice de Tony Codd

Bon pour la poubelle

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:25

Je n’imaginais pas qu’il puisse exister des livres aussi négatifs et aussi laids que J’aime pas dire bonjour (texte de Carole Zalberg illustré par Boll) qui nous décrit chacun des membres d’une famille qui sont tous plus laids et désagréables les uns que les autres. Pour toutes sortes de raisons. L’un est vieux, d’autres sont gros, une autre aime passer sa main dans les cheveux des enfants alors qu’une autre porte du rouge à lèvres.

Bref, aucun membre de sa famille ne mérite un bonjour ou des bisous tant ils sont immondes aux yeux de l’enfant narrateur.

Et c’est comme ça qu’on va apprendre aux enfants à accepter les différences et à être tolérants?

Non, décidément, il n’y a qu’un endroit pour un tel objet : la poubelle.

Un après-midi en Mauricie 3

Filed under: Ailleurs,Signé Lali — Lali @ 12:06

Ainsi se termine ce très agréable après-midi à Notre-Dame-du-Mont-Carmel chez Marie-Josée et Luc qui nous ont accueillis si chaleureusement Chantal, Sylvio et moi que nous avons oublié qu’il pleuvait!

Ce que mots vous inspirent 769

Filed under: Ce que mots vous inspirent,Couleurs et textures — Lali @ 8:00

La reconnaissance est quelquefois un chemin de traverse. (Amédée Achard)

*toile de Georgette Piccon