Au pays des poètes russes 7
C’est sur le poème d’Innocent Annenski que voici que s’est longuement arrêtée la lectrice peinte par Ida Mostyn (dont on ne retrouve plus trace) lorsqu’elle a parcouru l’Anthologie de la poésie russe :
La poésie
En toi, péniblement s’unissent
Le hasard, l’esprit créateur :
La beauté n’a point de couleurs
Plus fuyantes et plus factices.
Dans l’ardent et houleux désert
Du monde, n’aimant qu’un mirage,
Chercher en d’ineffables vers
La magique fleur du langage…
Tu nous troubles, irrésistible,
Impalpables, à peine visible,
De pâle et fuyante lueur.
Au point qu’à jamais tu nous lies
Par la pensée et par le cœur;
Et que l’on t’aime à la folie!