Au pays des poètes russes 2
C’est la lectrice de la peintre néerlandaise Nicole Ladrak qui s’est ce soir attardée à parcourir l’Anthologie de la poésie russe jusqu’à ce qu’elle s’arrête sur ces vers de Constantin Batiouchkov :
Élégie
Il est des voluptés dans les forêts sauvages,
Et des plaisirs naissant sur de vides rivages,
Il est une harmonie en ce langage fier
Des vagues se brisant sur les grèves des mers.
Oui, j’aime mon prochain, mais toi, mère Nature,
je te préfère à tout, souveraine, oubliant
Près de toi ce que fut naguère mon printemps,
Et ce que fit de moi la froide flétrissure
Des ans. Ainsi mon cœur, se animant encor,
Plein de sentiments neufs et d’ardeur salutaire,
Cherche à les exprimer en des paroles d’or,
Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.