Lali

3 février 2008

En vos mots 43

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:02

boillot 1

Le livre est resté ouvert sur le table. Sans lecteur, sans lectrice. À vous de nous dire de quel livre il s’agit, de nous parler de son lecteur, de sa lectrice, en vos mots, juste pour le plaisir de nous livrer les secrets de la toile et ce que celle-ci vous révèle.

Le livre est resté sur la table. Il y sera pour une semaine, comme ça a été le cas de la lectrice de James Abbott McNeill Whistler. Et dimanche prochain, nous pourrons lire ce que celui-ci vous aura raconté.

Le livre peint par Gilbert Boillot est resté sur la table. Amusez-vous à en tourner les pages. Il recèle sûrement une histoire que vous aurez plaisir à partager.

Bonne lecture et bon dimanche!

5 commentaires »

  1. CAPTURE

    Devant
    des personnages séquestrés,
    un auteur siphonné,
    un lecteur happé,
    une chaise
    à quatre pattes
    supplie le bouquin
    omnivore.

    Flairjoy

    Comment by Flairjoy — 4 février 2008 @ 7:25

  2. C’est samedi matin et Georges avait envie de lecture. Une lecture autre qu’il possédait déjà. Après une semaine harassante, il se dit que lire un livre qu’il n’avait pas lui ferait du bien mais pour cela, il devait braver la pluie qui clapotait avec force sur la vitre mais qu’importe.
    Il voulait sortir, chercher dans les bacs des bouquinistes.
    Ce ne sont pas les livres qui lui manquent à la maison mais son envie de sortir était plus forte que de regarder dans sa bibliothèque.

    Sa décision prise, il n’oublia pas son parapluie et une fois dehors regretta presque son chez lui douillet. Il faut dire qu’un chat n’aurait pas mis une patte sous cette pluie battante.

    Georges pris son courage à deux mains et partit chez le premier bouquiniste. Il y resta un long moment mais là n’était pas son bonheur.

    Chez le deuxième, au coin de la rue, il voit sur une table un livre qui ne donnait pas de mine. Il le feuilleta et se dit, c’est celui-ci.

    Tout réjoui à l’idée de rentrer chez lui, au chaud, il accéléra le pas. Arrivé dans son deux-pièces, il posa délicatement le livre sur sa table et se prépara un café bien chaud et mérité. Il savoura ce moment.

    Alors, sa lecture peut commencer. Il se plongea dans son livre comme un enfant dans une BD.

    En fait, son livre était un recueil de poèmes qu’il chercha depuis longtemps. Un recueil d’ Mihai EMINESCU. Il lit, il lit encore. A la moitié du recueil, une pause café s’imposa et s’arrêta sur ce poème :

    Le soir, sur la colline

    Le soir, sur la colline, le buccin sonne avec peine.
    Des troupeaux montent le sente d’étoiles parsemée,
    Les eaux pleurent en jaillissant claires, dans les fontaines.
    Sous un acacia tu m’attends, ma douce Bien Aimée.

    La lune passe dans le ciel, sainte, limpide !
    Tes grands yeux regardent le feuillage, s’y plongent,
    Sur la voûte sereine des astres naissent, humides.
    Ton coeur est plein de désirs, ton front lourd de songes.

    Des nuages glissent et des rayons les transpercent.
    Les maisons vers la lune lèvent d’anciens auvents.
    Dans la brise légère le balancier du puit grince.
    Le vallon fume. Dans un enclos une flûte s’entend.

    Des hommes harassés, l’épaule alourdie,
    Rentrent des champs. Les sonnailes sonnent, se pâment
    Ainsi que la cloche antique dans l’air assoupie,
    Mon âme brûle d’amour comme une flamme.

    Bientôt se calmeront le vallon, le village.
    Bientôt mes pas fébriles vers toi seront plus pressés.
    Toute une nuit, près du tronc couvert de branchages,
    Je te dirai combien tu m’es chère, ma douce Bien Aimée.

    En appuyant nos têtes, l’une contre l’autre,
    Souriants nous dormirons, veillés par notre
    Vieil acacia… Et pour une nuit si riche et pleinière
    Qui ne donnerait, en échange, sa vie tout entière… ?

    Ce poème, le transportait. Il y a quelques années déjà…et son coeur était rempli d’émotion.

    Comment by Denise — 4 février 2008 @ 14:51

  3. Il était sûr qu’il passerait encore un dimanche après-midi seul, tranquille… Il aimait cela rester seul le dimanche. Pas vraiment seul, d’ailleurs, mais avec ses livres… Ses chers livres ! Et puis, il n’avait que ce jour-là pour lire ! Ce n’était pas le soir, en rentrant de l’atelier, qu’il pouvait lire… Trop las, la tête encore tout occupée du bruit lancinant des machines… Donc, il restait seul le dimanche pour lire ! Lire seul pour lui seul. Qui comprendrait à l’atelier qu’il aimât les livres ! Il leur disait qu’il dormait…
    Il avait donc préparé de quoi occuper intelligemment son après-midi. Bien installé devant la fenêtre, sur la table qui servait aussi bien au repas qu’au repassage – oui, il repassait aussi ! – il avait choisi d’aller au théâtre. Il aimait beaucoup le théâtre mais le prix du billet était toujours trop cher ! Il avait conservé de son enfance, grâce à son grand-père, des souvenirs éblouis de rideau rouge, de fauteuils profonds, des trois coups qui vous transportaient dans un autre monde… Voilà ce qui lui était resté de son enfance de « riche »… le goût du théâtre! Peut-être la seule chose que son père aimerait de lui aujourd’hui, s’il était en vie…
    Il avait choisi Pirandello. Il en aimait le côté absurde, sombre, le théâtre dans le théâtre… la vie dans le théâtre. La vie n’est que théâtre…
    Il s’était donc assis, ayant eu soin de placer le cendrier près de lui et il avait tourné la première page des Géants de la Montagne…
    Le temps s’était arrêté et…
    … on avait frappé à la porte !
    Etrange ! Il aurait pu ne pas l’entendre… Quelques petits coups frappés par une petite main…
    L’enfant se tenait là, sur le palier, hésitant, le menton tremblant, les yeux rivés sur lui comme s’il attendait tout de lui…
    – Charles, c’est toi, mon bonhomme? dit-il au petit voisin.
    – Monsieur Paul, c’est maman…
    Il comprit. On avait vraiment besoin de lui.

    Comment by lakevio — 6 février 2008 @ 14:37

  4. Quand Elisabeth a voulu lui dire qu’elle sortait, elle n’a trouvé que le livre ouvert sur la table.

    Marc ne devrait pas être loin. Elle l’a appelé.

    Marc… Marc…

    N’obtenant aucune réponse, elle a été intrigué. Il n’était pas dans ses habitudes de partir en laissant un livre ouvert sur la table. Lui tellement soigneux et rangé. S’il s.était absenté pour longtemps, il aurait tout rangé. Comme il aime.

    D’ailleurs, depuis toujours, il est tellement prévisible qu’il ne lit qu’à cette table et pas ailleurs. C’est là qu’il s’installe pour lire. Comme d’autres ne prient que dans une église seulement. Lui ne lit qu’assis à cette table.

    Elle a jeté un coup d’œil au jardin, et à crié son nom.

    Marc… Marc…

    Aucune réponse. Elle commençait à être inquiète. Il n’était pas dans ses habitudes de s’absenter sans rien dire.

    Personne n’avait sonné pourtant. Elle s’en serait aperçue.

    Peut-être aux toilettes, à la cuisine, a-t-elle pensé. Elle a fait le tour du rez-de-chaussée et l’absence de Marc commençait vraiment à l’inquiéter. Une boule d’angoisse s’installait doucement dans son estomac. Où est-il bien pu passer?… Que lui était-il arrivé?…

    Soudain, elle a cru entendre un bruit semblant venir d’en haut. Inquiète, elle est montée à l’étage et est entrée dans la chambre. Ne percevant pas la moindre trace de la présence de Marc, elle s’apprêtait a descendre quand un bruit sourd venant du grenier l’a arrêtée net.

    -Marc?… Marc, c’est toi?…

    -Oui, Elizabeth, je suis là…

    -Oh mon Dieu, j’ai eu une de ces peurs… Que fais-tu là?…

    -Je cherche mon livre des « Légendes du Portugal » édité en 1911…

    -Mais c’est un livre pour les enfants, Marc …

    Tu sais Elizabeth, le livre que je suis en train de lire parle de l’histoire d’un roi fou d’amour et je pense qu’il s’agit de Pedro, le roi portugais qui était fou d’amour pour Inês… Il faut que je sois certain…

    http://atelier.hannover2000.mct.pt/~pr029/historia-ingles.htm

    Comment by Armando — 7 février 2008 @ 22:03

  5. Une table et des livres appétissants… pour vous mettre l’eau à la bouche!
    Je vous invite, Laliliens et Laliliennes, à prendre part à ce savoureux repas dominical et à picorer çà et là, au fil des pages, ces lignes délicieuses !

    D’abord ces asperges
    « trempées d’outre-mer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied … »
    puis ce poulet avec
    « sa peau brodée d’or comme une chasuble et son jus précieux égoutté d’un ciboire. »
    Et plus tard vous direz avec émotion :
    « Le petit bourgogne anonyme y coulait en chopines, en setiers et demi-setiers, en verrinées. Il signait sa présence et sa vogue, sur les tables de bois grattées au tesson de verre, en cercles violâtres indélébiles. Les soirs d’hiver, le vin jeune — six sous le litre — bouillait à pleins pots, et dans son écume rose dansaient la rouelle de citron et l’épave de cannelle, pêle-mêle avec les dix grains de poivre et les radeaux des rôties des naufragées. »
    Mais ouvrez grand les yeux et dégustez :
    « Ayant dit ces mots, il [un bon vieillard] fit entrer les étrangers dans sa maison ; ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu’ils faisaient eux-mêmes, du kaïmak piqué d’écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n’était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. »
    Et surtout, ne quittez pas la table sans goûter ce petit noir exquis :
    « Le café est très en usage à Paris : il y a un grand nombre de maisons publiques où on le distribue. Dans quelques-unes de ces maisons, on dit des nouvelles ; dans d’autres, on joue aux échecs. Il y en a une, où l’on apprête le café de telle manière qu’il donne de l’esprit à — ceux qui en prennent : au moins, de tous ceux qui en sortent, il n’y a personne qui ne croie qu’il en a quatre fois plus que lorsqu’il y est entré. »

    Ce nectar finira ce divin festin :
    « Mais des fruits — des fruits — Nathanaël, que dirai-je ? (…)
    Il y en a que nous mangerons sur des terrasses.
    Devant la mer et le soleil couchant.
    Il y en a que l’on confit dans de la glace
    Sacrée avec un peu de liqueur dedans. »

    Et puis, Laliliens et Laliliennes, nous partirons là-bas :
    « A Palma de Majorque
    Tout le monde est heureux
    On mange dans la rue
    des sorbets au citron… »
    nous n’aurons même plus besoin de nous mettre à table.
    Ce sera la grande liberté !
    Celle de la poésie !

    Je ne voudrais pas vous donner d’indigestion… mais je tiens à votre disposition le nom de tous ces grands chefs si vous désirez goûter davantage à leurs petits plats ! Que dis-je ! A leur carte !

    Comment by Reine — 8 février 2008 @ 16:20

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