Les vers de Werner 6
Chambre des miroirs
du mot
où viennent se regarder
avant d’entrer
les autres
ceux qui ne sont pas
sur scène
Werner Lambersky, Komboloï
*choix de la lectrice de Janet Hill
Chambre des miroirs
du mot
où viennent se regarder
avant d’entrer
les autres
ceux qui ne sont pas
sur scène
Werner Lambersky, Komboloï
*choix de la lectrice de Janet Hill
Chaque chose porte en soi son antithèse. Elle ne pourrait pas exister sans elle. La condition de la réalité est sa propre contradiction. Imaginer une réalité sans contradiction est une autre contradiction. (Roberto Juarroz)
*toile d’Oluf Wold-Torne
Entre la table et le vide
il est une ligne qui est la table et le vide
où peut à peine cheminer le poème.
(Roberto Juarroz)
*toile de Pierre Bonnard
Certaines fleurs s’attroupent pour fleurir, et elles ne fleurissent pas. Alors elles attendent. La force de cette attente peut peupler les déserts. (Roberto Juarroz)
*toile de Maggi Pavese
Des mots tombent des nuages.
Tombent pour tomber,
non pour qu’on les recueille.
Ils tombent pour se refaire
dans la tension la plus tranquille.
Soudain,
Un de ces mots reste comme suspendu dans l’air.
Alors, je lui donne ma chute.
(Roberto Juarroz)
*toile de Theophilus Brown
Nul ne possède rien. Pour posséder quelque chose, il est nécessaire de le mettre à nu, de s’emparer de son centre et d’avoir un espace où le protéger. Pour posséder une rose, nul ne peut la dévêtir de ses pétales et retenir son arôme. Les mains de l’homme sont toujours des mains vides. Peut-être notre exercice fondamental consiste-t-il à écrire avec les mains vides. (Robeto Juarroz)
*toile de Julie Ford Oliver
Il est des plaisirs dont je ne me lasse pas. Ainsi, celui de déposer chaque semaine une scène livresque à votre intention afin que vous nous racontiez en vers ou en prose ce qu’elle suscite ou évoque.
Et parce que j’aime varier les plaisirs, j’essaie autant que possible de vous offrir une scène qui ne ressemble pas (ou peu) à une de celles déjà proposées ici.
Et pour ce dimanche, c’est une scène imaginée par Dale Messick, la créatrice de Brenda Starr, que j’offre à vos mots.
Saura-t-elle vous inspirer? C’est ce que nous saurons dans sept jours alors que tous les textes seront validés d’un coup.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!
Tout comme il y a des sons qui créent le silence.
des lumières qui créent l’ombre,
et des ombres qui créent la lumière,
le vide crée des liens,
qui rachètent l’être.
(Roberto Juarroz)
*toile de Joseph Marius Avy
Une écriture qui supporte l’intempérie,
Qui puisse se lire sous le soleil ou la pluie,
Sous la nuit ou le cri,
Sous le temps dénudé.
Une écriture qui supporte l’infini,
Les crevasses qui s’étoilent comme le pollen,
La lecture sans pitié des dieux,
La lecture illettrée du désert.
Une écriture qui résiste
À l’intempérie totale
Une écriture qui puisse se lire
Jusque dans la mort.
(Roberto Juarroz)
*toile d’Edward Cucuel