Sur les traces de Pessoa 14
Il y a des moments où ce qui a été écrit semble s’adresser à soi. De façon inexplicable, mais il en est ainsi. C’est ce qui est arrivé à la lectrice de Peter Krisam quand au hasard des pages des Poèmes païens de Fernando Pessoa, elle s’est arrêtée ici.
Suis ta destinée,
Arrose les plantes,
Aime les roses.
Le reste est l’ombre
D’arbres étrangers.
La réalité
Est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes.
Vivre seul est doux,
Vivre simplement,
Toujours, est noble et grand,
Sur les autels, en ex-voto
Pour les dieux, laisse la douleur.
Regarde la vie de loin.
Ne l’interroge jamais.
Elle ne peut rien
Te dire. La réponse
Est au-delà des dieux.
Mais sereinement
Imite l’Olympe
Au fond de ton cœur.
Les dieux sont dieux
Parce qu’ils ne se pensent pas.
Tu es ma destinée,
Arroseuse de mes délires,
Tu aime les roses. Je suis bleu
Le reste se passe dans l’ombre
Mes mains te sont étrangères.
La réalité
N’est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes
J’ose tu me gifles
J’ose pas tu me gifles aussi
Femme ton langage codé
C’est une aurore en été
Et moi je t’assure Milou
Que tu rates un super coup…
Comment by Pessoa Junior — 9 février 2009 @ 0:06