Lali

21 février 2013

Sortir de l’ombre

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 19:58

Ceux qui lisent avec assiduité XYZ. La revue de la nouvelle et Virages. La nouvelle en revue connaissent déjà le nom de Francisca Gagnon. Elle a en effet publié dans chacune des revues une nouvelle en 2011. Les autres auront le plaisir de la découvrir grâce aux 25 nouvelles de son recueil Les chercheurs d’aube, publié à l’automne 2012 chez Lévesque éditeur.

Avec sobriété et efficacité, tout en ne délaissant pas la poésie, Francisca Gagnon tisse ici de courtes histoires qui sont plus noires que roses malgré cette attente continue du jour, ou plus précisément de l’aube, que celle-ci soit réelle ou fabriquée par des simulateurs d’aube dispersés çà et là au fil des nouvelles. Car il s’agit de lumière. De l’impossibilité de vivre certains sentiments à la lumière du jour. De la noirceur qui étreint ceux qui voudraient sortir de la grisaille. De tout ce qui demeure gris même quand le soleil étale ses rayons. De l’espoir qui éclaire des jours meilleurs dont on ne sait encore rien.

L’aube que tous cherchent est pourtant là à veiller sur cette ville fictive où des personnages viennent faire quelques pas avant d’entrer dans leur nuit pour reprendre leur rôle dans une autre nouvelle et dans une danse qui ne finit jamais. Une danse qui les fait tourner de plus en plus vite. Jusqu’à ce qu’ils tombent, effondrés, nous entraînant dans leur chute.

Dans l’attente de ce qui n’est pas encore venu, mais qui est là, latent, inexplicable et pourtant vraisemblable, dans un geste, un regard et dans ce qui vit et meurt au détour de ces vies, les personnages de Francisca Gagnon vibrent et tanguent. Leur vie tient souvent à un fil : l’aube qui effacera les larmes de la nuit.

Et tandis que tout se joue le temps d’une nouvelle, ou alors que rien n’est encore joué, l’auteure veille, attentive, à créer des atmosphères. Sans en faire trop. Alors qu’il est si facile de tomber dans le magma de détails.

Avec Les chercheurs d’aube, l’auteure native de Trois-Pistoles et installée à Sherbrooke depuis quelques années signe un recueil qui réunit marginaux, mal-aimés, amoureux interdits, rêveurs, usurpateurs qui voudraient tant sortir de l’ombre. Ne serait-ce qu’une seule fois.

Au fond, ne sommes-nous pas tous à divers égards et par moments nous aussi des chercheurs d’aube?

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