Lali

31 mars 2011

Quelques jours avec Ungaretti 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Variations sur le rien

Ce rien de sable qui s’écoule
Du sablier en silence et se pose,
Et, fugaces, les traces en l’incarnat,
En l’incarnat s’éteignant d’un nuage…

Puis si la main renverse le clepsydre,
Le mouvement recommencé du sable,
L’argentement tacite du nuage
Aux premières lividités brèves de l’aube…

La main a retourné le sablier dans l’ombre
Et de sable, silencieusement, le rien
Qui s’écoule, est la seule chose qu’on entende
Et, entendue, qui ne sombre dans le noir.

Giuseppe Ungaretti, Vie d’un homme

*choix de la lectrice de Joanna Winik

2 commentaires »

  1. Très beau poème.
    Je parlais du rien il y a peu avec une écrivaine.ça me titille, ce rien.

    Comment by Maïté/Aliénor — 1 avril 2011 @ 16:18

  2. Et pourtant, selon, un « rien » peut-être si peu, en apparence, et tant! Un mot, un geste, une fraction de temps…

    Lali, encore de jolis mots, « l’incarnat »,  » le clepsydre » . J’enrichis mon vocabulaire !

    Comment by Chantal — 1 avril 2011 @ 19:00

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