Mots et maux 4
Illusoire certitude
Ce soir, il fait nuit
et tu n’as pas de nom.
Serait-il possible
que rien ne me rende jamais plus
l’illusoire certitude que tu existes encore.
De t’aimer dans la clarté du jour
j’en arrive à t’attendre
passant du froid à la brûlure pourpre.
Et de cet amour en vain je te supplie
à la mesure de mon corps voyageur
de ne pas te voir et de t’aimer en aveugle.
J’ai regardé la lumière
les fugaces pendules des heures qui s’écoulent
au retour des oiseaux engourdis par le froid.
J’ai oublié peu à peu jusqu’à ton nom
où le prononcer aurait été te posséder.
Il est triste de comprendre que c’est cela
vivre sans larme, ni caresse, ni baiser.
Jean-François Sabourin, Mots et maux
*choix de la lectrice de Katarzyna Oronska