Lumière artésienne 3
C’est la lectrice du peintre Georges Gangloff qui a ce soir ouvert Lumière artésienne de Daniel Dargis, publié en 1993. Un recueil dont elle a parcouru chaque ligne avant de s’attarder plus longuement sur celles-ci :
ce qui ne peut s’énoncer
même pas le temps d’un poème
les yeux dans les yeux
où s’abandonnent l’un à l’autre
les siècles
les océans
nos souffles
mots qui nous chavirent avec leurs voyages
mots qui n’oublient rien
l’un près de l’autre
afin d’entendre ton haleine et ton cœur
pourtant que d’innombrables faits divers sans lien
mots sans corps qui torréfient les confidences
déjà tu pars
la page ferme ses paupières
c’est nulle part entre nous