Lali

8 avril 2011

Les sonnets de Shakespeare 1

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

alexander-john-white-6.jpg

Il y a longtemps que je voulais offrir aux lectrices du soir les sonnets de Shakespeare dans une traduction française qui respecte la rime et qui conserve le ton et la manière du grand William, et sans les dénaturer. D’autant plus que je lis rarement les sonnets de Shakespeare en français, préférant me délecter longuement de l’édition de poche de ceux-ci achetée à Oxford il y a plus de vingt ans.

Puis le hasard faisant bien les choses, j’ai découvert les sonnets traduits par Bertrand Degott, poète né en Alsace en 1955 et professeur de français à Besançon depuis 1994 qui présente ainsi son travail sur le quatrième de couverture : «On ne traduit bien que son proche, paraît-il. Traduisant Shakespeare, je pars à la rencontre de quelqu’un qui me ressemble assez pour me rester accessible. À l’évidence, ce que nous avons de voisin c’est notre expérience du monde en tant qu’homme, du vers et de la forme en tant que poète. Entretenir ce voisinage n’est pas une communauté certes, mais peut-être du bois pour en faire. »

Un travail magnifique et respectueux de Shakespeare qui donne à celui-ci ses lettres de noblesse en français et qui fera le bonheur des lectrices des prochains soirs. À commencer par celle du peintre John White Alexander qui a choisi ces vers à notre intention :

Sonnet V

Les heures qui formèrent d’un travail patient
La ravissante image où tous les yeux se posent
n’en vont pas moins sur elle jouer les tyrans
et disgracier cela que ses grâces rehaussent

car le temps sans repos conduit l’Été plus loin
jusqu’à l’hiver hideux et le défait là même
sève figée au gel, feuilles fortes en moins
beauté dessous la neige et dénuement extrême

s’il ne restait des distillations de l’été
entre des murs de verre un prisonnier liquide
l’effet de la beauté rejoindrait la beauté
elle et son souvenir laissant le même vide

mis les fleurs distillées, quoique affrontant l’hiver
ne perdent que l’aspect, leur odeur persévère.

2 commentaires »

  1. Merveilleux sonnets! et c’est vrai que cette traduction « coule » parfaitement. Dommage que nous soyons si éloignées, je t’aurais fait lire une traduction (intime, non publiée) d’un professeur du Conservatoire Royal de Bruxelles (parfaite bilingue), tenant compte de l’art de dire. C’est encore autre chose… j’ai toujours travaillé avec cette version.

    Comment by Lune belge — 9 avril 2011 @ 5:22

  2. Je suis heureuse de lire cette traduction.
    Et j’aime cette lectrice entourée de si beau tissu.

    Comment by Maïté/Aliénor — 10 avril 2011 @ 16:03

Flux RSS des commentaires de cet article. TrackBack URI

Laisser un commentaire