Lali

29 octobre 2006

Enterrer les feuilles comme on enterre la tristesse

Filed under: États d'âme — Lali @ 8:55

autumnleaves

Il vente tant que les dernières feuilles qui ont tenu le coup jusqu’ici vont peut-être tomber. Et novembre arrivera avec sa grisaille tristounette. Raison de plus pour chanter et danser. Raison de plus pour éclairer de mon soleil intérieur le salon et toutes les pièces où je passe en me déhanchant, heureuse d’être en vie, de cette liberté qui est mienne de choisir mes musiques et mes menus, sans les reproches ou les regards de biais que j’ai connus dans une autre époque. Fallait-il tant de détresse, tant de tristesse pour apprécier tout cela ? Fallait-il que je sois brisée pour réaliser que je ne pouvais sauver celui qui coulait ?

Je n’aime pas penser à cette période de ma vie, sombre, tellement à l’opposé de ce que je suis. Mais quand arrive novembre, il y a toujours cette partie de moi qui pointe du nez et qui me rappelle que les jours tristes existent. Qui me disent l’impuissance d’il y a cinq ans, qui me signalent des doutes et combien je puis être fragile et démunie à certains égards. Et tellement forte aussi.

Et quand j’aurai fini de contempler toutes ces feuilles au sol, ces feuilles qui sont pour moi les cauchemars, les morts, la culpabilité, les ruptures, les mensonges, je me dirai qu’il est temps que je les enterre une fois pour toutes. Car la vie a pris le dessus. Car la vie, celle qui me fait danser, chanter, écrire et partager, a été plus forte que tous les tourments. Car la vie m’a gâtée en me donnant les mots. Car la vie est si douce désormais. Plus de cris, plus de reproches. Le bonheur du silence que je goûte. Le bonheur des chansons, tout simplement.

Et le vent arrache aux arbres les dernières feuilles restées en place. Et le sol en est couvert. Et je danserai sur elles comme on danse sur les tombes. Pour bien m’assurer – si c’est possible – qu’elles ne viennent plus troubler ma paix. Car chaque jour est désormais un jour de fête et de partage. Car le temps a su me redonner celle de mes 17 ans, une « délicieuse folle », comme m’a écrit l’ami au loin qui sait me lire mieux que quiconque.

Mais les rêves, tous ces rêves que l’on ne faisait plus
Mais les rêves, tous ces rêves que l’on croyait perdus
Il suffit d’une étincelle pour que tout à coup
Ils reviennent de plus belle, les rêves sont en nous.

Les rêves sont en nous…

(Pierre Rapsat)

Je ne pourrai jamais dire mieux.

2 commentaires »

  1. Merci de citer Pierrot. Il est toujours bien présent dans nos mémoires et le restera.
    Jean-Marc.

    Comment by Jean-Marc — 29 octobre 2006 @ 16:32

  2. La vie t’a donné les mots mais les mots ne sont pas tout: encore faut-il qu’ils soient au servive de la vie, qu’ils chantent l’amour, la beauté et comme chez toi, cette merveilleuse capacité à s’enchanter de tout : là est le don inestimable que la bonne fée qui s’est penchée sur ton berceau t’a donné!
    Je t’embrasse amicalement, Marianne

    Comment by marianne — 31 octobre 2006 @ 14:14

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