Lali

24 novembre 2024

En vos mots 918

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

Pour ce dernier dimanche de novembre, j’ai eu envie de vous emmener dans un endroit où l’on peut boire un bon café, manger des croissants, des macarons et des cupcakes, et où les chats sont bienvenus. Le Coffee Shoppe de l’artiste Eeva Nukinen m’a semblé le lieu parfait pour cela.

C’est donc cette scène que je vous propose de faire vivre en vos mots. À vous de choisir un livre dans la bibliothèque ou de vous laisser inspirer par ce que cette scène évoque. Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Cela vous laisse donc le temps de lire les textes déposés sur la toile de dimanche dernier, de les commenter si vous le souhaitez et d’écrire quelques lignes. C’est avec plaisir que nous vous lirons.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les liront.

2 commentaires »

  1. Chaque dimanche, Laura honore un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte. Il s’agit en fait de plusieurs rencontres, chacune revêtant avec éclat son importance unique, et constituant avec les autres un ensemble splendide et irremplaçable.
    D’abord, elle retrouve toujours avec la même joie cette maison ancienne aux plafonds ornés de délicates moulures, aux fenêtres protégées d’épais rideaux, aux murs tendus de tapisseries fines, et garnis de charmants tableaux. Elle s’y assoit toujours dans le même fauteuil si moelleux, sous une superbe lampe Belle Epoque, face à la jolie place peuplée de belles demeures portant tellement bien leur bel âge, serties dans un écrin de verdure admirable comptant une belle diversité d’arbres remarquables.
    Tout en admirant les boiseries vernies de la bibliothèque qui couvre une large part de l’espace, Laura y savoure selon ses envies un thé parfumé, un café choisi parmi les diverses et succulentes variétés proposées, à moins qu’elle n’opte pour un bon chocolat chaud bien crémeux, le tout agrémenté de quelques gâteries. Car dans ce tea room, on s’y connaît en douceurs de toutes sortes. Et tout est confectionné maison, autant que frais du jour. Jamais elle n’a dégusté de si tendres croissants, de si exquis macarons, de si savoureuses tartelettes et confiseries. L’un des plaisirs dominicaux de Laura est donc, outre ses retrouvailles avec cet endroit de rêve, celles qu’elle y a avec sa légendaire gourmandise.
    Oui Laura est gourmande. Mais ce qui motive également ses visites hebdomadaires ici, ce sont bien évidemment les livres déjà évoqués, nombreux et bien rangés sur les étagères fleurant bon l’encaustique. Elle trouve toujours parmi ces volumes celui qui la passionnera, la surprendra, ravira divinement sa passion de lire. Et si elle n’a pas terminé sa lecture, elle la poursuit la fois suivante, non sans avoir attendu ce moment avec impatience pendant toute la semaine. Un peu comme les feuilletons de jadis, et les séries d’aujourd’hui dont il faut attendre la suite en étant tenu en haleine. La différence est que Laura, elle, a le choix de s’arrêter plus ou moins quand elle le veut, et ne s’interrompt pas si possible à un moment crucial qui lui ferait trembler pendant des jours pour le héros ou l’héroïne lors d’une phase haletante de l’intrigue.
    Laura a donc rendez-vous chaque dimanche avec un décor prestigieux, des boissons et des pâtisseries délicieuses, et des oeuvres littéraires de qualité. Mais il manquerait quelque chose à la description de ces moments de choix, si mention n’était faite de Mary et de Jennifer, les deux adorables propriétaires de ce doux salon de thé. Avec le temps elles sont devenues pour Laura presque des amies. Au point que sur simple demande, elle lui préparent avec un grand sourire la tarte au citron ou le cake à la violette qui lui feraient tellement plaisir.
    Vous pouvez constater que les rendez-vous de Laura en ce lieu magique sont bien comme annoncé multiples. Et encore, nous avons passé sous silence la relation toute privilégiée qu’elle entretient bien sûr avec elle-même dans ce lieu qui permet tout particulièrement de se retrouver avec délice au plus profond de son propre jardin secret. Mais nous avons gardé pour la fin la rencontre qui pour elle est peut-être la plus importante de toutes. Celle pour laquelle à aucun prix elle ne voudrait faire l’impasse sur un seul dimanche au Coffee Shop. A savoir la complicité indéfectible la liant à Oscar, le chat noir, qui invariablement et dans de purs moments de grâce et d’émotion, lui offre avec le transport et l’innocence inhérents à l’espèce animale, toute son affection et sa tendresse.

    Comment by anémone — 25 novembre 2024 @ 9:21

  2. Lisboa, 1er décembre 2024

    Ma chère B.,

    Nous voilà aux premières aurores de décembre. Déjà. L’horloge du temps ne connaît aucun répit. Elle avance à petits pas de géant. Sans trop savoir où s’en va le temps.
    Comme lui, je brûle les heures sans m’imposer de destin. Cela vaut mieux. Malgré mes minutieux projets que je finis toujours par détourner. Comme s’ils n’avaient que pour seul but de me rassurer mon esprit avant le voyage. Rien d’autre. L’aimant de la vie m’emporte souvent vers des chemins inconnus et ralentissent mes pas, séduits par ces choses qu’on dit dissipées de toute ordre rationnel.

    Un enfant qui court. Quelques mots dans un livre endormi. Une fille au sourire heureux. L’envie gourmande d’un gâteau dans une vitrine. Un chien qui me quémande une caresse. Le soleil tiède du matin. L’odeur des fruits mûrs. Un magasin qui vend des plans des villes. Et aussitôt mon cœur voyage. Lisbonne. Bruxelles. Montréal. Paris. Amsterdam, Barcelone, Londres. Ailleurs.
    Tant des voyages minutieusement préparés devenues autre chose. Presque rien. Que de l’imprévisible. Du temps qui passe. Du bonheur d’y être. Des rendez-vous anonymes qui nous offrent souvent nos plus beaux souvenirs.

    Sans doute l’envie d’effacer la ressouvenance douloureuse de ce qui fut. L’envie d’imaginer ce qu’auraient pu être nos vies, si… Je dis bien « si ». Qui me poursuite comme une ombre. Un jour je discuterai de tout cela avec Freud. Si là où j’irai, il sera.
    Je me suis rendu à mes dernières missives pour toi. Pour l’instant. Il me semble t’avoir dessiné tant de mots dans le ciel de mes silences qu’il serait peut-être temps de me soustraire un peu. Confier l’écriture des pages de mon destin à d’autres. J’imagine que la vie leur a appris des mots bien plus beaux que ceux que je pourrais jamais écrire.

    Envie de rêver de ce qui vient. Comme un besoin de faire confiance à la plume du temps. Elle n’a qu’à écrire elle-même les pages de ma vie pour que je les lise plus tard. En savourant chaque mot. Lorsque le manteau épais de mes silences viendra alourdir mon cœur.

    Regarder le ciel et profiter des étoiles. Peut-être que, moi aussi, j’aurai ma bonne étoile. Peut-être qu’il serait temps de me laisser prendre au tendre piège de croire ceux qui disent qu’ils m’aiment.

    Et penser que lorsque mon heure viendra, le regard attristé et ému, je pourrai me dire que malgré tous mes funestes souvenirs, je serai triste de quitter ce monde. Puisque je n’aimerai plus.

    Je t’embrasse.

    Armando

    Comment by Armando — 30 novembre 2024 @ 2:09

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