Lali

13 août 2023

En vos mots 851

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

J’ai fait hier ce que je fais tous les 12 août depuis 10 ans, soit acheter (au moins) un livre québécois, une initiative qui m’a séduite dès le départ. Ce fut cette année quatre romans.

La pile qui jouxte le sofa où je lis la plupart du temps est presque aussi haute que celle de la lectrice de l’illustratrice Friederike Ablang puisque j’ai ajouté ces titres à la pile existante.

Mon dilemme est maintenant de choisir par quel livre commencer. Cette lectrice a-t-elle le même ou se promène-t-elle d’un livre à l’autre? C’est ce que je vous invite à nous raconter, en vos mots, comme vous le faites semaine après semaine.

Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, ce qui vous donnera amplement le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier et d’écrire quelques lignes.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent!

3 commentaires »

  1. Quand je lui ai demandé ce qu’elle faisait dans la vie, elle a eu l’air de réfléchir et, au bout de quelques longues secondes, m’a répondu : chercheuse de coquilles.

    J’ai regardé autour de moi, dans les visages de ceux qui la connaissaient depuis toujours, des signes pouvant confirmer ses dires, mais je n’ai recueilli que des sourires amusés, deux mouvements de sourcils et un clin d’œil. Malicieux. Les filles en groupe…

    Me voilà bien avancé dans ma curiosité. J’ai regardé Ana sans mots. Ses bras étaient bien trop clairs pour quelqu’un qui cherche des coquilles. Même en hiver, le soleil au bord de l’eau finit par donner une couleur mate à la peau. Certes légère, mais tout de même. Alors que la peau d’Anna était presque aussi blanche qu’une robe de mariée.

    Curieux maladif, je l’ai interrogée de tous mes mots. Pour ton métier, tu voyages beaucoup?… Est-ce que c’est un métier solitaire?… Est-ce que cela te permet de vivre confortablement?… Et encore, et encore. Des questions enchaînées à d’autres questions qui semblaient l’amuser follement. Mais rien. Rien à faire. Quelque chose me faisait croire que son métier tenait plus du fantasque que d’autre chose. D’autant plus que ses amies ressemblent de plus en plus à ses enfants conquérants avec l’envieux de vous demandent : Tu donnes ta langue au chat?…

    En toute vérité, je suis resté persuadé d’avoir servi de François Pignon, du Dîner de cons, à un groupuscule de filles, un dimanche sans lendemain. Bon enfant au demeurant.

    J’ai revu Ana un mois plus tard chez une amie, couchée par terre, une pile de bouquins à côté d’elle. Elle avait l’air heureuse de me voir. Et lorsque je lui ai demandé, « C’est quoi, tout ça? », avec le regard pétillant de coquinerie, elle m’a répondu : « M’enfin… je t’avais dit que je suis chercheuse de coquilles… Et on en trouve toujours par ci, par là… Parfois de très, très belles. Et même, des perles.

    Comment by Armando — 15 août 2023 @ 7:24

  2. On avait pris le soin de me mettre en garde. Elle faisait la pluie et le beau temps. Fallait l’aborder avec des pincettes et les égards d’usage. Être avenant.
    Nombreux étaient ceux qui passaient des nuits sans sommeil, dans l’attente du jugement de celle qu’on considérait comme une orpailleuse. Il ne fallait surtout pas qu’elle ait le mauvais goût de déposer votre manuscrit à sa droite. Cela voulait dire que c’était cuit. On pouvait dire adieu aux rêves de succès en librairie et reprendre le chemin de nos écritures. Ou alors chercher un éditeur moins ambitieux. Mais il n’y en a pas des masses…

    Quand je suis arrivé, elle devait être en plein dans une affaire qui la tenait qu’elle m’a fait signe d’attendre. Puis a suivi, d’un très informel : « Je serai à vous lorsque j’aurais fini… »
    Faute de chaises, je me suis assis par terre. Puis j’ai sorti mon Bonheur d’occasion, de Gabrielle Roy, et j’y ai plongé mon nez. Il n’y a qu’un bon livre pour gommer l’attente. Un moment de voyage au cœur d’un quartier ouvrier de Montréal. Loin de tout.

    « Voilà!… Je suis toute à vous. »
    C’était comme le souffle d’une fée venue d’ailleurs, qui vous réveille de vos silences. Et points de suspension dans ma lecture…

    « Toute à moi?… J’aimerais bien le croire, lui ai-je répondu d’un sourire malicieux. Mais là, Je suis encore à Montréal. Il va falloir me laisser terminer ce chapitre… J’ai encore quelques pages… »

    « Bon… dans ces conditions », a-t-elle murmuré avant de s’asseoir, à côté de moi, et reprendre la lecture de son manuscrit.

    Quand j’y pense… les amitiés naissent souvent de pas grand-chose. Et de si peu de mots.

    Comment by A. — 16 août 2023 @ 14:35

  3. Cette rentrée j’ai décidé d’essayer
    Une méthode miracle pour me muscler.
    C’est très facile, il suffit de se coucher,
    La tête bien calée sur un oreiller.
    Sur le ventre, une pile assez élevée
    De livres en attente d’être savourés.
    En mains, à bout de bras, l’élu de la journée,
    Les jambes exerçant des mouvements variés,
    Ce sont corps et esprits que je fais travailler!

    Comment by anémone — 18 août 2023 @ 7:17

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